mercredi 17 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2405941 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 juillet 2024, M. C, représenté par Me Pigot, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la décision du 7 mai 2024 par laquelle le préfet des Yvelines a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer un rendez-vous en vue d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler durant l'instruction de sa demande, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il s'expose à une mesure d'éloignement et est maintenu, du fait de la décision en litige, dans une situation irrégulière ; en outre, il s'expose au risque que son employeur mette fin à son contrat de travail en raison de sa situation irrégulière ; du fait de la défaillance des services préfectoraux, il se trouve dans l'impossibilité de déposer sa demande de titre de séjour dans un délai raisonnable ;
- constituent des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, en premier lieu, l'absence de motivation, en deuxième lieu, la méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile, en troisième lieu, la méconnaissance du principe d'égalité d'accès au service public et de continuité du service public, et, en quatrième lieu, la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'erreur manifeste d'appréciation au regard de ces dispositions.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond enregistrée sous le n° 2405939 par laquelle M. C demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Caron, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant sri lankais né le 30 janvier 1979, déclare être entré sur le territoire français le 11 décembre 2018. Il a déposé, en juin 2023, une demande de rendez-vous pour le dépôt d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour. Il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre la décision du 7 mai 2024 par laquelle le préfet des Yvelines lui a refusé l'octroi d'un rendez-vous afin de déposer sa demande de titre de séjour.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. Il résulte des dispositions citées au point précédent que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Cette condition d'urgence sera, en principe, constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme dans le cas d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier, à très bref délai, d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
4. Pour justifier d'une situation d'urgence, le requérant fait valoir qu'il s'expose à une mesure d'éloignement et est maintenu, du fait de la décision en litige, dans une situation irrégulière. En outre, il fait valoir qu'il s'expose au risque de perdre son emploi, et verse aux débats une attestation sur l'honneur de son employeur, datée du 31 mai 2024, qui indique que le service administratif de la société réclame en urgence la régularisation de son titre de séjour. Toutefois, M. A justifie être employé par cette société en qualité de manutentionnaire en contrat à durée indéterminée depuis le 28 mars 2022, soit plus de deux ans à la date de la décision contestée, alors même qu'il n'a jamais bénéficié d'une situation régulière. En outre, et alors qu'il déclare être entré en France en décembre 2018, il n'a accompli aucune diligence avant juin 2023 afin de régulariser sa situation. Dans ces conditions, M. A n'établit pas que les effets de la décision qu'il conteste porteraient une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation de nature à caractériser une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, son exécution soit suspendue.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition tenant au doute sérieux est remplie, qu'il y a lieu, en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, de rejeter la requête de M. A en toutes ses conclusions.
O R D O N N E:
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C.
Fait à Versailles, le 17 juillet 2024.
La juge des référés,
Signé
V. CaronLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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