lundi 5 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2405948 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 juillet 2024, la commune de Saint-Michel-sur-Orge, représenté par son maire en exercice, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner l'expulsion de M. A C du logement qu'il occupe sans droit ni titre sous astreinte ;
2°) de mettre à la charge de M. A C la somme de 50 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-la condition relative à l'absence de contestation sérieuse est satisfaite dès lors que M. C n'a formulé aucune opposition aux deux courriers par lesquels la commune de Saint-Michel-sur-Orge lui indiqué qu'il devait quitter le logement sans délai ;
-la condition relative à l'urgence est remplie dès lors que l'appartement irrégulièrement occupé est un logement de fonction destiné à un des gardiens de la commune et qu'il est impératif pour le gardien de la maison des séniors, actuellement en poste, d'être logé le plus proche possible de son lieu de travail ;
La requête a été communiquée à M. C qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code général de la propriété des personnes publiques ;
-le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Maitre, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement informées de la date et de l'heure de l'audience publique.
Au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Gilbert, greffière d'audience, M. Maitre a lu son rapport et entendu :
- la commune de Saint-Michel-sur-Orge, représentée par M. B, qui conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens que la requête et qui précise que ses conclusions incluent l'octroi du bénéfice de la force publique en cas de non-respect de l'injonction prononcée par le tribunal ;
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expulsion :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
2. Aux termes de l'article R. 2124-65 du code général de la propriété des personnes publiques : " Une concession de logement peut être accordée par nécessité absolue de service lorsque l'agent ne peut accomplir normalement son service, notamment pour des raisons de sûreté, de sécurité ou de responsabilité, sans être logé sur son lieu de travail ou à proximité immédiate. () ". Aux termes de l'article R. 2124-73 du même code : " Les concessions de logement () sont, dans tous les cas, accordées à titre précaire et révocable. Leur durée est limitée à celle pendant laquelle les intéressés occupent effectivement les emplois qui les justifient et dans les conditions fixées par l'arrêté mentionné à l'article R. 2124-72. () / Lorsque les titres d'occupation viennent à expiration, pour quelque motif que ce soit, l'agent est tenu de libérer les lieux sans délai sous peine de se voir appliquer les sanctions prévues à l'article R. 2124-74. ". Enfin, aux termes de l'article R. 2124-74 de ce code : " L'occupant qui ne peut justifier d'un titre est susceptible de faire l'objet d'une mesure d'expulsion. () ".
3. M. D C a été employé par la commune de Saint-Michel-sur-Orge le 2 mai 2002 en qualité d'agent d'entretien et gardien d'un ensemble sportif et, a ainsi pu bénéficier d'un logement de fonction situé 61 rue de Montlhéry, appartenant au domaine public communal, jusqu'à son décès, le 23 janvier 2024. Depuis cette date, il résulte de l'instruction que le logement est occupé par son frère, M. A C. Par une lettre recommandée du 28 mars 2024 et un courrier du 3 juin 2024, notifié par la police municipale le 11 juin suivant et auxquels M. C n'a pas donné suite, la commune de Saint-Michel-sur-Orge a demandé à ce dernier de quitter les locaux dans un délai d'un moins sous peine de lancer une procédure d'expulsion à son encontre. Par la présente requête, la commune de Saint-Michel-sur-Orge demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner l'expulsion du logement de M. C.
4. Il résulte de l'instruction que la convention précaire d'occupation du domaine publique conclue le 28 mai 2014 entre M. D C et la commune de Saint-Michel-sur-Orge indiquait en son article 3 que " la présente convention est consentie à titre purement et strictement personnel ". Il s'ensuit que M. A C ne justifie d'aucun titre l'autorisant à occuper le logement qui avait été mis à la disposition de son seul frère, de sorte que la demande de la commune de Saint-Michel-sur-Orge ne se heurte à aucune contestation sérieuse. En outre, les délais qui lui ont été accordés pour libérer les lieux au plus tard le 11 juillet 2024 n'ont pas été respectés par l'occupant, qui a été mis en demeure de libérer les lieux mais s'y est toutefois maintenu. Il s'ensuit que l'expulsion de M. C présente un caractère d'urgence et d'utilité, dès lors que son maintien dans les lieux fait obstacle à ce que le gardien de la résidence des séniors actuellement en poste occupe un logement de fonction dont la proximité avec son lieu de travail est impérative au regard de la nature de ses fonctions.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre à M. A C ainsi qu'à tous éventuels occupants de son chef, de libérer, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de la présente ordonnance, le logement qu'il occupe sans droit ni titre situé 61 rue de Montlhéry à Saint-Michel-sur-Orge. A l'expiration de ce délai, à défaut pour M. C d'avoir quitté les lieux, la commune de Saint-Michel-sur-Orge pourra obtenir le concours de la force publique pour procéder à l'expulsion forcée de l'intéressé. Il n'y a pas lieu en revanche, en l'état du dossier, d'assortir l'injonction de quitter les lieux d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de
M. C la somme que la commune de Saint-Michel-sur-Orge demande en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à M. A C, ainsi qu'à tous éventuels occupants de son chef, de libérer dans un délai de 48 heures à compter de la notification de la présente ordonnance, le logement qu'il occupe sans droit ni titre situé 61 rue de Montlhéry à Saint-Michel-sur-Orge.
Article 2 : A l'expiration de ce délai de 48 heures, à défaut d'exécution de l'injonction prévue à l'article 1er, la commune de Saint-Michel-sur-Orge pourra obtenir le concours de la force publique pour procéder à l'expulsion de M. A C et à tous occupants de son chef.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de la commune de Saint-Michel-sur-Orge est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Saint-Michel-sur-Orge et à
M. A C.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Essonne.
Fait à Versailles, le 5 août 2024
Le juge des référés,
Signé
B. Maitre
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2405948
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