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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2405956

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2405956

lundi 12 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2405956
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL CENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête en référé de M. A, un ressortissant sénégalais, qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui fixer un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, car M. A, en situation irrégulière depuis sept ans avant sa demande, n'a pas justifié de circonstances particulières nécessitant un rendez-vous rapide, malgré un délai d'attente de seize mois. La solution retenue est le rejet de toutes les conclusions, y compris celles relatives aux frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 juillet 2024, M. C A, représenté par Me Haik, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre au préfet des Yvelines, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui accorder un rendez-vous afin qu'il puisse déposer sa demande de titre de séjour, dans le délai de huit jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de l'examen de sa demande ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est établie dès lors qu'il est en attente d'un rendez-vous depuis près de dix-sept mois et que l'impossibilité de déposer sa demande le maintien dans une situation irrégulière et précaire alors que la loi accorde le droit de solliciter sa régularisation administrative et qu'il remplit tous les critères pour se voir délivrer un titre de séjour ;

- la mesure sollicitée présente un caractère utile ;

- elle ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juillet 2024, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la condition d'urgence n'est pas remplie en l'espèce.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

2. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

3. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l'occasion de plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.

4. En l'espèce, M. A, ressortissant sénégalais né en 1990, déclare être entré en France en 2014. Il résulte de l'instruction qu'il a adressé aux services de la préfecture des Yvelines, le 4 novembre 2021, un courrier électronique en vue de déposer un dossier de demande d'admission exceptionnelle au séjour puis a réitéré cette démarche le 25 mai 2022. Par une décision du 29 juillet 2022, cette demande a été classée sans suite faute pour l'intéressé d'avoir produit l'ensemble des pièces exigées par les services de la préfecture. M. A a introduit une nouvelle demande de rendez-vous le 15 février 2023. S'il n'a toujours pas, au terme d'un délai de seize mois, obtenu le rendez-vous qu'il sollicite pour pouvoir déposer l'ensemble de son dossier de demande d'admission exceptionnelle au séjour, il n'indique pas avoir vainement tenté de relancer la préfecture depuis le 2 mai 2023. Surtout, il ne fait pas état dans sa requête de circonstances particulières justifiant d'une urgence à obtenir un rendez-vous sans que l'ordre d'examen des demandes d'admission exceptionnelle au séjour d'autres ressortissants étrangers en fonction de leur date de dépôt soit respecté. Une telle urgence ne saurait en particulier découler de la seule circonstance qu'il indique remplir toutes les conditions pour se voir délivrer le titre de séjour qu'il sollicite et que l'impossibilité de déposer son dossier le place dans une situation irrégulière et précaire, alors qu'il s'est maintenu sept ans sur le territoire français en situation irrégulière avant de solliciter sa régularisation.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, en toutes ses conclusions, y compris celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet des Yvelines.

Fait à Versailles, le 12 août 2024.

Le juge des référés,

signé

B. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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