mercredi 17 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2405976 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 juillet 2024, la société La Très belle Triel, représentée par Me Gourvennec et Me Plunier, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'article 2 de l'arrêté n° 2024-449 par lequel le maire de Triel-sur-Seine a fixé l'heure limite de fermeture et d'activité des débits de boissons implantés sur la commune à 23h00 le samedi et à 21h00 les autres jours de la semaine ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Triel-sur-Seine la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que cet arrêté ampute son chiffre d'affaires de 37%, ce qui fragilise la viabilité économique de l'entreprise ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ; cette décision est entachée d'erreur d'appréciation en ce que la mesure n'est ni justifiée ni proportionnée ; elle porte une atteinte grave et illégale à la liberté du commerce et de l'industrie et à la liberté d'entreprendre.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
- la requête au fond enregistrée sous le n° 2404215 par laquelle la société La Très belle Triel demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Virginie Caron, première conseillère, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 4 juillet 2024, le maire de la commune de Triel-sur-Seine a fixé l'heure limite de fermeture et d'activité des débits de boissons de la commune à 23h00 le samedi et 21h00 les autres jours de la semaine. La société La très Belle Triel, qui exploite un débit de boissons à Triel-sur-Seine, demande à la juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, le premier alinéa de l'article R. 522-1 dispose : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence, en outre, doit être évaluée de manière objective et globale, en fonction de l'ensemble des circonstances de l'affaire, y compris la préservation des intérêts publics attachés à la mesure litigieuse.
4. Si la société La Très Belle Triel soutient que l'arrêté du 4 juillet 2024, par lequel le maire de Triel-sur-Seine a abaissé l'heure limite de fermeture des débits de boissons de la commune à 23h00 le samedi et à 21h00 les autres jours de la semaine, au lieu de 23h00 et 22h30 auparavant, emporte des conséquences économiques de nature à mettre en péril la survie de l'entreprise, la seule production d'un journal de caisse établi par ses soins, sans aucun autre élément comptable, ne permet pas d'établir la perte de chiffres d'affaires alléguée de 37 %. Par ailleurs, la production des contrats de travail de ses deux salariés et de relevés bancaires pour les mois de mars, avril et mai 2024 ne permet pas d'apprécier les conséquences de la perte de recettes alléguée sur l'équilibre financier de la société. Par suite, la société La Très Belle Triel n'établit pas que les effets de la décision qu'elle conteste porteraient une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation de nature à caractériser une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, son exécution soit suspendue.
5. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin d'examiner la condition relative à l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête présentée par la société La Très Belle Triel en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société La Très Belle Triel est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société La Très Belle Triel.
Fait à Versailles, le 17 juillet 2024.
La juge des référés,
Signé
V. Caron
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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