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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2405992

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2405992

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2405992
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation7éme chambre

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête de M. B, qui contestait le refus de la directrice académique des Yvelines d’affecter son enfant au collège Gassincourt. Le tribunal a rappelé que, selon l’article D. 211-11 du code de l’éducation, les élèves n’ont aucun droit à une dérogation scolaire et que les places disponibles sont d’abord attribuées aux élèves du secteur. Le motif du refus, fondé sur l’absence de capacités d’accueil, n’étant pas contesté, les arguments médicaux et relationnels avancés par le requérant ont été jugés inopérants.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 juillet 2024, M. A B demande au tribunal d'annuler la décision du 13 juin 2024 par laquelle la directrice académique des services de l'Education Nationale des Yvelines a refusé sa demande d'affecter son enfant C B au collège Gassincourt de Mantes-la-Jolie.

Il soutient que :

- son enfant ne peut faire de longs trajets à pied pour des raisons médicales et qu'il lui sera plus aisé de se rendre pour les déjeuners chez sa tante qui habite à proximité de ce collège ;

- il existe des tensions avec ses camarades scolarisés dans le collège de secteur.

La requête a été communiquée au recteur de Versailles qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Lutz, premier conseiller,

- les conclusions de Mme Cerf, rapporteure publique,

- et les observations de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. La directrice des services de l'éducation nationale des Yvelines a rejeté le 13 juin 2024 la demande de M. A B tendant à ce que son fils C soit affecté au collège Gassincourt de Mantes-la-Jolie pour la rentrée scolaire de septembre 2024, plutôt que dans le collège du secteur de leur domicile. Par sa requête, il demande l'annulation de cette décision.

2. Aux termes de l'article D. 211-11 du code de l'éducation : " Les collèges et les lycées accueillent les élèves résidant dans leur zone de desserte, sous réserve du respect des règles relatives à la procédure d'affectation. / Le directeur académique des services de l'éducation nationale agissant sur délégation du recteur d'académie, détermine pour chaque rentrée scolaire l'effectif maximum d'élèves pouvant être accueillis dans chaque établissement en fonction des installations et des moyens dont il dispose. / Dans la limite des places restant disponibles après l'inscription des élèves résidant dans la zone normale de desserte d'un établissement, des élèves ne résidant pas dans cette zone peuvent y être inscrits sur l'autorisation du directeur académique des services de l'éducation nationale agissant sur délégation du recteur d'académie, dont relève cet établissement. / Lorsque les demandes de dérogation excèdent les possibilités d'accueil, l'ordre de priorité de celles-ci est arrêté par le directeur académique des services de l'éducation nationale agissant sur délégation du recteur d'académie, conformément aux procédures d'affectation en vigueur ". Il résulte de ces dispositions que les élèves qui relèvent du secteur géographique de l'établissement demandé sont prioritaires pour y être affectés et que les élèves n'ont aucun droit à bénéficier d'une dérogation scolaire.

3. Pour opposer un refus à la demande de dérogation scolaire présentée par M. B, la directrice académique des services de l'éducation nationale lui a indiqué que les capacités d'accueil dans le collège qu'il a sollicité étaient atteintes. L'exactitude de ce motif n'est contestée par M. B. En application des dispositions citées au point 2, M. B ne peut dès lors utilement se prévaloir des critères de dérogation tenant à l'état de santé de son fils, dès lors que ces critères ne trouvent à s'appliquer que lorsque des places restent disponibles dans l'établissement sollicité après affectation des élèves du secteur. Par ailleurs, si M. B fait état de tensions existantes entre son fils et d'autres élèves de son collège d'affectation, il n'apporte en tout état de cause aucun élément précisant ou étayant cette allégation. Dans ces conditions, l'administration pouvait légalement refuser la demande de dérogation qu'il a présentée.

4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur sa recevabilité.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.

Copie en sera adressée au recteur de Versailles.

Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Mauny, président,

M. Lutz, premier conseiller,

M. Le Vaillant, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.

Le président,

Signé

O. Mauny

Le rapporteur,

Signé

F. Lutz

La greffière,

Signé

C. Benoit-Lamaitrie

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°240599

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