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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2406043

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2406043

jeudi 18 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2406043
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 juillet 2024, M. C A, représenté par Me Saïdi, demande au juge des référés :

1°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du 30 mai 2024 par laquelle le préfet de l'Essonne a refusé de renouveler son autorisation provisoire de séjour et de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 250 euros par jour de retard, et de réexaminer sa demande de titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il s'expose à une mesure d'éloignement alors qu'il est l'aidant principal de son épouse qui souffre d'une maladie invalidante, qu'il est lui-même malade, et qu'il aide également sa fille qui est mère célibataire ;

- constituent des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, en premier lieu, l'absence de motivation et le défaut de prise en compte de sa situation, en deuxième lieu, l'incompétence de l'autorité qui a pris le refus de guichet, en troisième lieu, l'erreur de droit et l'erreur manifeste d'appréciation, et, en quatrième lieu, la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête au fond enregistrée sous le n° 2406042 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A, ressortissant congolais, déclare être entré sur le territoire français le 28 octobre 2020 en compagnie de son épouse. Il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour pour soins qui a fait l'objet d'un avis négatif de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). Son épouse ayant en revanche bénéficié d'un accord de l'OFII de 24 mois le 30 décembre 2021, M. A s'est vu délivrer une autorisation provisoire de séjour jusqu'au 29 décembre 2023, afin d'accompagner son épouse. Il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre la décision du 30 mai 2024 par laquelle l'agent du guichet de la préfecture de l'Essonne a refusé de lui renouveler son autorisation provisoire de séjour.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

3. Il résulte des dispositions citées au point précédent que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Cette condition d'urgence sera, en principe, constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme dans le cas d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier, à très bref délai, d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

4. Pour justifier d'une situation d'urgence, le requérant fait valoir qu'il s'expose à une mesure d'éloignement alors qu'il est l'aidant principal de sa conjointe, qui présente une maladie invalidante. Toutefois, et alors qu'il indique avoir sollicité le renouvellement de son autorisation provisoire de séjour en qualité d'accompagnant de conjoint malade, il n'établit pas que son épouse aurait obtenu le renouvellement de son titre de séjour pour soins, qui était valable jusqu'en décembre 2023, et il ne produit aucun élément sur son état de santé. Il ne justifie pas davantage de ses propres problèmes de santé ni du caractère indispensable de sa présence sur le territoire français pour sa fille majeure. Enfin, et alors que la décision contestée est intervenue le 30 mai 2024, il n'a saisi le juge des référés que le 16 juillet 2024. Dans ces conditions, M. A n'établit pas que les effets de la décision qu'il conteste porteraient une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation de nature à caractériser une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, son exécution soit suspendue.

5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition tenant au doute sérieux est remplie, qu'il y a lieu, en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, de rejeter la requête de M. A en toutes ses conclusions.

O R D O N N E:

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A.

Fait à Versailles, le 18 juillet 2024.

La juge des référés,

signé

V. BLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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