mardi 17 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2406161 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SELAS LLC ET ASSOCIES BUREAU DE PARIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 juillet 2024, la SARL d'Orvel, représentée par Me Jérôme Lefort, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 mai 2024 par lequel le maire de Vélizy-Villacoublay lui a refusé la délivrance d'un permis de construire en vue de la transformation et de la surélévation d'un immeuble ;
2°) d'enjoindre au maire de Vélizy-Villacoublay de lui délivrer le permis de construire demandé, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Vélizy-Villacoublay une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est signée d'une autorité incompétente ;
- le motif tiré de la méconnaissance de l'article UJ6 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) est entaché d'erreur de droit, dès lors que le projet ne modifie pas l'implantation de l'ouvrage ;
- le motif tenant aux contradictions entre les mentions des encadrés 5.2 et 5.5 est entaché d'erreur d'appréciation ;
- le motif tiré de la méconnaissance de l'article UJ7 du règlement du PLU est entaché d'erreur d'appréciation ;
- le motif tiré de la méconnaissance de l'article UJ12 du règlement du PLU est entaché d'erreur d'appréciation ;
- le motif tiré de la méconnaissance de l'article UJ13 du règlement du PLU est entaché d'erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 avril 2025, la commune de Vélizy-Villacoublay, représentée par Me Yannick Le Port, conclut au rejet de la requête ainsi qu'à la mise à la charge de la société requérante de la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les moyens de la requête ne sont pas fondés ;
- une substitution de motifs peut être effectuée, le projet méconnaissant les dispositions de l'article UJ6 du règlement du PLU du seul fait de la surélévation du bâtiment.
La clôture de l'instruction a été fixée en dernier au 30 avril 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fejérdy, première conseillère,
- les conclusions de Mme Ghiandoni, rapporteure publique,
- et les observations de Me Lefort, représentant la SARl d'Orvel.
La SARL d'Orvel a présenté une note en délibéré, enregistrée le 3 juin 2025.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL d'Orvel a déposé un permis de construire en vue de la reconversion d'un bâtiment de bureaux, sur les parcelles AE244 et AE268 à Vélizy-Villacoublay, en logements pour étudiants et jeunes actifs. Par un arrêté du 22 mai 2024, dont la société requérante demande l'annulation, le maire de Vélizy-Villacoublay a refusé de lui délivrer le permis de construire sollicité.
Sur le moyen tiré de l'incompétence du signataire :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire () ou de démolir () est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme () ".
3. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal. " Ni ces dispositions, ni celles de l'article L.2122-19 du même code n'interdisent au maire de donner délégation de signature à l'un de ses adjoints.
4. Par un arrêté du 29 mai 2020, le maire de Vélizy-Villacoublay a donné à son 4ème adjoint, M. A B, signataire de l'arrêté attaqué du 31 mars 2021, délégation pour signer les autorisations d'occupation du sol, et notamment les permis de construire et de démolir. Il ressort de ses mentions, qui font foi jusqu'à preuve du contraire, laquelle n'est pas apportée en l'espèce, que l'arrêté de délégation du 29 mai 2020 a fait l'objet d'une publicité régulière par voie d'affichage en mairie du 2 juin au 5 août 2020 et a été transmis au préfet des Yvelines le 2 juin 2020. Par suite, le moyen tiré du vice d'incompétence doit être écarté.
Sur la légalité des motifs du refus de permis de construire :
5. Le refus de permis de construire attaqué a été pris aux cinq motifs tirés respectivement de la contradiction entre les encadrés 5.2 et 5.5 du formulaire Cerfa, et de la méconnaissance par le projet des dispositions des articles UJ6, UJ7, UJ12 et UJ13 du règlement du PLU
6. En premier lieu, si l'encadré 5.5 du formulaire Cerfa indique une surface d' " hébergement hôtelier " de 8 923,32 m², non modifiée par les travaux, il ressort sans ambiguïté des autres pièces du dossier de demande de permis de construire, notamment de la notice de présentation et du plan cadastral, que cette surface correspond à celle du second bâtiment présent sur le terrain d'assiette, non concerné par les travaux du projet. L'absence de mention de cette surface consacrée à l'hébergement hôtelier dans l'encadré 5.2, correspondant à la description du projet envisagé, ne présente donc aucune contradiction avec sa mention dans l'encadré 5.5, correspondant à la description de toutes les surfaces des bâtiments présents sur le terrain. Ce motif n'est donc pas de nature à justifier le refus en litige et doit être censuré.
7. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article UJ6 du règlement du PLU : " () Dans les secteurs UJa, UJb et UJc : / Les constructions doivent être implantées : / - A une distance minimum de 12 m par rapport à l'alignement () ". En l'absence de toute précision sur ce point dans le règlement du PLU, l'implantation de la construction doit s'entendre de celle de la façade principale, sans qu'il soit tenu compte des débords ou saillies éventuels.
8. D'autre part, la circonstance qu'une construction existante n'est pas conforme à une ou plusieurs dispositions d'un plan d'occupation des sols régulièrement approuvé ne s'oppose pas, en l'absence de dispositions de ce plan spécialement applicables à la modification des immeubles existants, à la délivrance ultérieure d'un permis de construire s'il s'agit de travaux qui, ou bien doivent rendre l'immeuble plus conforme aux dispositions réglementaires méconnues, ou bien sont étrangers à ces dispositions.
9. Il ressort des pièces du dossier que le projet, qui porte sur la réhabilitation d'un immeuble existant, ne modifie pas l'implantation de cette construction. S'il prévoit que la façade sud du bâtiment, sur l'avenue de l'Europe, sera revêtue d'un habillage en saillie de 84 centimètres, sur les trois ou quatre niveaux supérieurs de la construction, cette caractéristique ne modifie pas l'implantation de celle-ci. Dès lors, le projet doit être regardé comme étranger aux dispositions de l'article UJ6 du règlement du PLU telles qu'elles sont invoquées dans la décision attaquée. Le motif tiré de la méconnaissance de ces dispositions est donc entaché d'erreur de droit et doit être censuré.
10. En troisième lieu, aux termes de l'article UJ12 du règlement du PLU : " Afin d'assurer, en dehors des voies publiques, le stationnement des véhicules automobiles ou des deux-roues, correspondant aux besoins des constructions et installations, il est exigé pour : / Les constructions à destination d'hébergement hôtelier et résidences étudiants ou jeunes actifs : / une place de stationnement au minimum pour 4 chambres (). / La dimension minimum d'une place est de 4,50m x 2,40m. Un dégagement de 5 mètres au minimum doit être également prévu. () "
11. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit la création d'une résidence étudiante de 279 lits, accompagnée de 245 places de stationnement. Si les 37 places en surface ne respectent pas les dimensions prévues par l'article UJ12, ces places, présentes en l'état existant, ne sont pas modifiées par le projet. Dès lors, le projet doit être regardé comme étranger aux dispositions de l'article UJ12 relatives aux dimensions des places de stationnement.. Dès lors, le motif tiré de la méconnaissance de ces dispositions n'est pas de nature à justifier le refus de permis de construire et doit être censuré.
12. En quatrième lieu, aux termes de l'article UJ13 du règlement du PLU : " () L'espace planté en pleine terre doit être supérieur ou égal à 20% de la surface du terrain. / () Les marges de reculement et limites de parcelles seront obligatoirement plantées sur une largeur d'au moins 1,50m, en buissons d'au moins 2,50m de hauteur () ".
13. Il ressort des pièces du dossier, et au demeurant des termes de la décision attaquée, que le projet ne modifie ni l'implantation de la construction ni les espaces verts ou de pleine terre. Dès lors, conformément à ce qui a été dit au point 8 le projet doit être regardé comme étranger aux dispositions de l'article UJ13, et le motif tiré de la méconnaissance des ces dispositions est entaché d'erreur de droit et doit être censuré.
14. Enfin, en cinquième et dernier lieu, aux termes de l'article UJ7 du règlement du PLU : " Les constructions doivent s'implanter en retrait des limites séparatives à l'exception de celles mentionnées au présent article. / La distance comptée horizontalement de tout point d'une construction au point le plus proche de la limite séparative doit être supérieure ou égale à la demi-hauteur de la construction (L/h/2) avec un minimum de 5m dans tous les cas () ".
15. Des travaux tendant à la surélévation d'un bâtiment implanté en méconnaissance des dispositions du plan local d'urbanisme relatives à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives ne sont pas étrangers à ces dispositions et n'ont pas pour effet de rendre le bâtiment plus conforme à celles-ci.
16. Il ressort du plan de masse que le projet prévoit de conserver, sur la façade ouest, un escalier extérieur entouré d'un coffrage dont l'implantation, qui n'est pas modifiée, s'inscrit, sur un angle, à 5 mètres de la limite séparative. Si cette implantation ne respecte pas les dispositions de l'article UJ7, en l'état existant, dès lors que la demi-hauteur de la construction dépasse 5,80 mètres, le projet, qui prévoit la surélévation du bâtiment, aggrave encore cette non-conformité. Le projet méconnaît donc, sur ce point précis relevé dans la décision attaquée, les dispositions de l'article UJ7.
17. Il résulte de l'instruction que le motif tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UJ7 du règlement du PLU était à lui seul de nature à justifier le refus de permis de construire qui a été opposé à la SARL d'Orvel, et que le maire de Vélizy-Villacoublay aurait pris la même décision s'il s'était fondé sur ce seul motif.
18. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la substitution de motif présentée par la commune, que les conclusions à fin d'annulation, et par conséquent, à fin d'injonction de la SARL d'Orvel doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
19. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Vélizy-Villacoublay, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande la SARL d'Orvel au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société requérante la somme que demande la commune au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL d'Orvel est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Vélizy-Villacoublay présentées au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SARL d'Orvel et à la commune de Vélizy-Villacoublay.
Délibéré après l'audience du 3 juin 2025, à laquelle siégeaient :
- M. Doré, président,
- Mme Le Montagner, présidente honoraire,
- Mme Fejérdy, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juin 2025.
La rapporteure,
Signé
B. Fejérdy
Le président,
Signé
F. Doré
La greffière,
Signé
V. Retby
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026