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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2406234

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2406234

lundi 22 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2406234
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Kabore, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 30 avril 2024 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a refusé de renouveler sa carte professionnelle, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre au directeur du CNAPS de lui délivrer une carte professionnelle dans un délai d'un mois, sous astreinte de 100 euros par jour, dans l'attente de l'issue de la procédure au fond ;

3°) de mettre à la charge du CNAPS une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que le refus de délivrance de la carte professionnelle l'empêche de continuer à travailler et de disposer de revenus lui permettant de pourvoir à ses besoins ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de décision dès lors qu'il n'a pas été poursuivi devant le tribunal correctionnel mais a fait l'objet d'un simple rappel à la loi.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée sous le n° 2406233 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de sécurité intérieure ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Sauvageot, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications apportées par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce, notamment des objectifs d'intérêt public poursuivis par la décision critiquée.

3. Pour caractériser l'urgence de sa situation, M. A, qui a introduit la présente requête en référé trois mois après l'intervention de la décision litigieuse, soutient que le refus de renouvellement de la carte professionnelle l'empêche de continuer à travailler et de disposer de revenus lui permettant de pourvoir à ses besoins. Toutefois, si M. A produit son contrat de travail et des bulletins de paie, il ne produit aucun élément faisant état de la suspension du contrat de travail dont il est titulaire avec tous les effets sur son droit à une rémunération. En outre, si M. A soutient qu'il est désormais sans ressources, et à supposer l'absence réelle de toute rémunération par son employeur, non démontrée, ainsi qu'il vient d'être dit, l'intéressé ne produit au dossier aucune pièce relative à l'ensemble de ses ressources ou charges permettant au juge des référés d'apprécier les éventuels effets de la décision litigieuse sur sa situation financière.

4. Il suit de là que la condition d'urgence exigée par les dispositions susmentionnées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, qui doit s'apprécier objectivement et globalement, ne peut être regardée comme remplie. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée, les conclusions présentées par M. A doivent être rejetées en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Versailles, le 22 juillet 2024.

La juge des référés,

signé

J. Sauvageot

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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