lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2406335 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SAS ITRA CONSULTING |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 juillet 2024, M. C D A B, représenté par la SAS Itra Consulting, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté par lequel la préfète de l'Essonne a refusé de renouveler son titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de réexaminer sa demande tendant au renouvellement de son titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné Mme Silvani, conseillère, pour statuer sur les requêtes par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ". Aux termes de l'article R. 421-1 de ce code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ". Aux termes de l'article R. 612-1 dudit code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. / () / La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ".
2. D'autre part, aux termes de l'article R. 431-12 du même code : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise ". Enfin, l'article R. 432-1 du même code dispose que : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ".
3. M. A B, qui était titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " valable jusqu'au 14 février 2024, soutient qu'à l'occasion d'un rendez-vous à la préfecture en vue du renouvellement de son titre de séjour, il a été informé oralement que des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français avaient été prises à son encontre, sans que ces décisions ne lui aient été notifiées. Il ne produit, toutefois, à l'appui de son recours aucun récépissé de sa demande de renouvellement de titre de séjour ni aucune autre pièce de nature à établir qu'il aurait déposé une telle demande.
4. Par une lettre du 25 juillet 2024, le tribunal a invité M. A B à régulariser sa requête en produisant, dans un délai d'un mois, les pièces justifiant du dépôt d'une demande de renouvellement de son titre de séjour et, par suite, de l'existence d'une décision implicite de rejet de celle-ci. M. A B n'ayant pas régularisé sa requête dans le délai qui lui était imparti, il ne peut se prévaloir de l'existence d'une quelconque décision implicite de refus de demande de renouvellement de son titre de séjour. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier qu'une décision portant obligation de quitter le territoire français aurait été prise à son encontre. Il en résulte que les conclusions de la requête à fin d'annulation de la décision de refus de séjour et de la décision portant obligation de quitter le territoire français, dirigées contre des décisions inexistantes, sont irrecevables. Par suite, cette requête est entachée d'une irrecevabilité manifeste et doit, dès lors, être rejetée par application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C D A B et à la préfète de l'Essonne.
Fait à Versailles, le 7 octobre 2024.
La magistrate désignée,
Signé
C. Silvani
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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