vendredi 26 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2406388 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 et 25 juillet 2024, Mme B C, représentée par Me Gonzalez, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, à la préfète de l'Essonne de prendre les mesures nécessaires pour faire cesser l'atteinte à sa liberté d'aller et venir, à sa liberté de travail ainsi qu'à son droit au respect de sa vie privée et familiale et celui des membres de sa famille ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, à la préfète de l'Essonne de lui délivrer, dans le délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard passé ce délai, une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de réexaminer sa situation en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans l'attente de sa décision ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ; en l'absence de renouvellement de son titre de séjour, son contrat de travail a été suspendu pour une durée de deux mois et son employeur lui a annoncé son intention de mettre un terme à son contrat de travail début septembre 2024 si elle ne présentait pas de titre de séjour l'autorisant à travailler ; elle est exposée au risque d'une mesure d'éloignement alors qu'elle réside en France auprès de son époux et de leurs deux enfants ;
- le refus de renouvellement de son titre de séjour porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté de travail, au droit au respect de sa vie privée et familiale dès lors qu'elle réside en France, mariée avec un ressortissant français et leurs deux enfants français et à l'intérêt supérieur de leurs enfants protégé par l'article 3 de la convention de New-York.
Une pièce a été produite par la préfète de l'Essonne, enregistrée le 25 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Sauvageot, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 26 juillet 2024, tenue en présence de Mme Paulin, greffière d'audience, Mme Sauvageot a lu son rapport et entendu Me Gonzalez, représentant Mme B C, qui précise maintenir l'ensemble de ses conclusions et qui souligne qu'il a été nécessaire de saisir le juge des référés à deux reprises afin de permettre à la requérante, épouse et mère de ressortissants français, de résider régulièrement sur le territoire français et d'exercer son activité professionnelle.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes des dispositions de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire () ". Aux termes de l'article L. 521-2 de ce code : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Le premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code prévoit que : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
2. Il résulte des dispositions citées au point précédent qu'il appartient au juge des référés, lorsqu'il est saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative et qu'il constate une atteinte grave et manifestement illégale portée par une personne morale de droit public à une liberté fondamentale, de prendre les mesures qui sont de nature à faire disparaître les effets de cette atteinte. Ces mesures doivent en principe présenter un caractère provisoire, sauf lorsqu'aucune mesure de cette nature n'est susceptible de sauvegarder l'exercice effectif de la liberté fondamentale à laquelle il est porté atteinte.
3. D'une part, compte tenu de ce qui est dit aux points 1 et 2, il n'y a pas lieu d'enjoindre à la préfète de l'Essonne la délivrance d'un titre de séjour, mesure ne présentant pas de caractère provisoire. Dès lors, les conclusions de la requérante tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète de l'Essonne lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " doivent être rejetées.
4. D'autre part, il résulte de l'instruction que la préfecture de l'Essonne a délivré à la requérante une attestation de prolongation de l'instruction l'autorisant à travailler, valable du 25 juillet 2024 au 24 octobre 2024. Ainsi, les conclusions de la requête aux fins d'injonction à la préfecture de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.
5. Enfin, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à Mme B C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète de l'Essonne de délivrer à Mme B C une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
Article 2 : L'Etat versera une somme de 1 000 euros à Mme B C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Essonne.
Fait à Versailles, le 26 juillet 2024.
La juge des référés,
signé
J. Sauvageot
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
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