lundi 29 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2406445 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 juillet 2024, le groupement foncier agricole (GFA) de Villuet, représenté par Me Marques, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté de refus de permis de construire modificatif portant sur la création d'un logement à usage d'habitation de 75,60 m² de surface de plancher à destination d'habitation pris par le maire de la commune de Feucherolles le 21 juin 2024 ;
2°) de condamner la commune de Feucherolles à lui verser une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la création d'un logement d'habitation a pour objectif de permettre à la SARL Equicampus, qui dispose d'un bail rural signé avec elle, de poursuivre son activité d'élevage et de dressage de chevaux, la surveillance constante des animaux étant cruciale pour leur bien-être et leur sécurité ;
- il y a un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée : elle est insuffisamment motivée ; l'avis émis le 19 mars 2024 par la CDPENAF est entaché d'illégalité car pris par une autorité incompétente, insuffisamment motivé, et entaché d'une erreur d'appréciation.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Lutz, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. "
2. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. En ce qui concerne une décision de refus de permis de construire, il appartient au juge des référés, lorsqu'il est saisi d'une demande de suspension, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets du refus de permis litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. Pour justifier de l'urgence, le GFA de Villuet, qui sollicite la suspension de l'exécution de l'arrêté de refus de permis de construire modificatif portant sur la création d'un logement à usage d'habitation pris par le maire de la commune de Feucherolles le 21 juin 2024, fait valoir que la création d'un logement d'habitation a pour objectif de permettre à la société Equicampus, qui dispose d'un bail rural signé avec elle, de poursuivre son activité d'élevage et de dressage de chevaux, la surveillance constante des animaux étant cruciale pour leur bien-être et leur sécurité. Il précise notamment que l'élevage des poulinières nécessite une attention particulière afin notamment d'assurer des soins au moment de la naissance des poulains et de protéger les animaux contre les vols, attaques de prédateurs et accidents. Toutefois, alors que la société Equicampus est installée sur le site depuis 2019 et y exerce déjà son activité d'élevage, le requérant ne justifie pas de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision attaquée. Ainsi, en l'état de l'instruction, la condition d'urgence, au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ne peut être regardée comme remplie. Il y a lieu, dès lors, de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter les conclusions de la requête tendant à la suspension de l'exécution de la décision attaquée, ainsi que par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête du GFA de Villuet est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au GFA de Villuet.
Fait à Versailles, le 29 juillet 2024.
La juge des référés,
signé
F. Lutz
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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