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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2406449

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2406449

lundi 26 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2406449
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête en référé de M. C, ressortissant congolais, qui demandait d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui délivrer un rendez-vous pour déposer une demande de renouvellement de titre de séjour et de renouveler ce titre. Le juge a estimé que la demande de rendez-vous était dépourvue d'utilité, le requérant ayant déjà déposé sa demande. Surtout, le silence gardé pendant quatre mois par l'administration a fait naître une décision implicite de rejet de la demande de renouvellement, conformément aux articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En conséquence, la mesure sollicitée aurait pour effet de faire obstacle à l'exécution de cette décision implicite, ce qui est interdit par l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 juillet 2024, M. A C, représenté par Me Bisalu, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui délivrer un rendez-vous afin qu'il puisse déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour sous astreinte de 150 euros par jour de retard;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de renouveler son titre de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est établie dès lors qu'il attend depuis plus de six mois une réponse à sa demande de renouvellement de son titre de séjour ce qui a conduit au retrait de sa carte d'agent de sécurité privée ;

- la mesure sollicitée présente un caractère utile ;

- elle ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

La requête a été communiquée à la préfète de l'Essonne qui n'a pas produit d'observation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Ressortissant de la République démocratique du Congo né en 1968, M. A C a demandé, le 10 novembre 2023, le renouvellement de son titre de séjour. Sans réponse de l'administration depuis lors, il demande au juge des référés d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de le convoquer à un rendez et de renouveler son titre de séjour.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'attestation de prolongation d'instruction produite, que le requérant a bien déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour le 10 novembre 2023. Dans ces conditions, les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète de l'Essonne de lui délivrer un rendez-vous afin qu'il dépose sa demande de titre de séjour sont dépourvues d'utilité.

4. En second lieu, aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. / Par dérogation au premier alinéa, ce délai est de quatre-vingt-dix jours lorsque l'étranger sollicite la délivrance d'un titre de séjour mentionné aux articles R. 421-23, R. 421-43, R. 421-47, R. 421-54, R. 421-54, R. 421-60, R. 422-5, R. 422-12, R. 426-14 et R. 426-17. / Par dérogation au premier alinéa ce délai est de soixante jours lorsque l'étranger sollicite la délivrance du titre de séjour mentionné à l'article R. 421-26 ".

5. Il résulte des dispositions citées au point précédent qu'une décision implicite de rejet de la demande de renouvellement du titre de séjour présentée par M. C est née du silence gardé pendant quatre mois par la préfète sur cette demande, bien même l'intéressé aurait été mis en possession de récépissés ou d'attestations de prolongation de l'instruction. Dans ces conditions, la mesure sollicitée, qui tend à ce qu'il soit enjoint à la préfète de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour, aurait pour effet, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de faire obstacle à l'exécution de cette décision implicite de rejet.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée, en toutes ses conclusions, y compris celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée, pour information, à la préfète de l'Essonne.

Fait à Versailles, le 26 août 2024.

Le juge des référés,

signé

N. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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