samedi 27 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2406489 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 juillet 2024, Mme A B, représentée par Me Simon, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la décision implicite par laquelle le préfet des Yvelines a refusé de renouveler son attestation de prolongation d'instruction en vue de la délivrance d'une carte de résident en qualité de réfugié ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction dans un délai de 48 heures à compter de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- s'agissant de l'urgence, en l'absence d'attestation de prolongation d'instruction, elle se trouve en situation irrégulière alors qu'elle a été reconnue réfugiée et qu'elle devrait être en possession d'une carte de résident, que son contrat de travail a été suspendu, qu'elle n'a plus aucune ressource et se trouve en difficulté pour payer son logement ;
- il est porté une atteinte illégale à sa liberté d'aller et de venir et à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Sauvageot, vice-présidente, pour statuer en qualité de juge des référés, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public () aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
2. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure particulière instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence particulière qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cette disposition soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise à très bref délai.
3. Mme B, ressortissante biélorusse, a obtenu le statut de réfugié par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 25 août 2022. Elle a déposé une demande de titre de séjour en qualité de réfugié et s'est vu délivrer trois attestations de prolongation d'instruction valables, en dernier lieu, jusqu'au 4 juin 2024. Mme B demande au juge des référés, de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la décision implicite par laquelle le préfet des Yvelines a refusé de renouveler son attestation de prolongation d'instruction en vue de la délivrance d'une carte de résident en qualité de réfugié.
4. Pour établir une situation d'urgence, la requérante fait valoir qu'en l'absence d'attestation de prolongation d'instruction, elle se trouve en situation irrégulière alors qu'elle a été reconnue réfugiée et qu'elle devrait être en possession d'une carte de résident, que son contrat de travail a été suspendu, qu'elle n'a plus aucune ressource et se trouve en difficulté pour payer son logement. Toutefois, la requérante ne produit aucun document de nature à démontrer que son employeur aurait entamé à son encontre, de manière effective et concrète, une procédure de suspension ou de rupture de son contrat de travail. Dans ces conditions, si les éléments avancés par Mme B permettent d'étayer l'existence d'une certaine urgence à pouvoir obtenir une attestation de prolongation d'instruction de nature à justifier de la régularité de son séjour, ils ne caractérisent pas pour autant une situation d'urgence particulière, au sens et pour l'application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, qui impliquerait qu'une mesure visant à sauvegarder les libertés fondamentales dont elle se prévaut soit prise dans le très bref délai de 48h prévu à cet article. Par suite, il y a lieu de faire application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter les conclusions de la requérante.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Fait à Versailles, le 27 juillet 2024 .
La juge des référés,
signé
J. Sauvageot
La République mande et ordonne à la ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026