mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2406585 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 juillet 2024, Mme B A demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le directeur général de l'office français de l'immigration et de l'intégration sur son recours préalable formé à l'encontre de la décision du 9 avril 2024 rejetant sa demande tendant au bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Bélot, premier conseiller, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".
2. Mme B A, ressortissante mauritanienne née le 31 décembre 1955, demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le directeur général de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) sur son recours préalable formé à l'encontre de la décision du 9 avril 2024 rejetant sa demande tendant au bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
3. D'une part, aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation ".
4. D'autre part, aux termes de l'article D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au litige : " La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-15 est écrite, motivée et prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle prend effet à compter de sa signature. / Dans un délai de deux mois à compter de la notification de cette décision, le bénéficiaire peut introduire un recours devant le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, à peine d'irrecevabilité du recours contentieux. La décision comporte la mention des voies et délais dans lesquels ce recours peut être formé. Le directeur général de l'office dispose d'un délai de deux mois pour statuer. A défaut, le recours est réputé rejeté. Toute décision de rejet doit être motivée ".
5. Il résulte de ces dispositions que la personne qui entend contester une décision refusant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil doit, avant de saisir le juge, former un recours administratif préalable devant l'autorité compétente. Seule la décision prise à la suite de ce recours administratif préalable obligatoire est susceptible d'être déférée devant le tribunal, en ce qu'elle se substitue à la décision initiale.
6. En l'espèce, malgré une demande en ce sens qui lui a été adressée par le tribunal le 9 septembre 2024, Mme A n'a produit ni la décision du 9 avril 2024 par laquelle sa demande tendant au bénéfice des conditions matérielles d'accueil aurait été rejetée, ni l'accusé de réception du recours préalable obligatoire qu'elle aurait adressé au directeur général de l'OFII par un courrier du 26 avril 2024. Elle n'a pas davantage justifié de l'impossibilité de produire ces pièces. Il en résulte que la requête présentée par Mme A est manifestement irrecevable.
4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée par application des dispositions de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à l'office français de l'immigration et de l'intégration.
Fait à Versailles, le 9 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
signé
S. Bélot
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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