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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2406633

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2406633

vendredi 2 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2406633
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL CENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme B, ressortissante russe, qui demandait la suspension de la décision implicite de rejet du préfet des Yvelines concernant sa demande de carte de séjour "passeport talent – carte bleue européenne". Le juge a estimé que la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'était pas remplie, faute pour la requérante de justifier de circonstances particulières établissant un effet immédiat et grave sur sa situation, son titre de séjour actuel étant valable jusqu'en décembre 2025. L'ordonnance a donc été rendue sur le fondement de l'article L. 522-3 du même code, sans audience ni débat contradictoire.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 31 juillet 2024, Mme A B, représentée par Me Louafi Ryndina, demande au juge des référés :

1°) de suspendre la décision par laquelle le préfet des Yvelines a implicitement rejeté sa demande de carte de séjour passeport talent mention " Emploi hautement qualifié : carte bleue européenne " ;

2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines, à titre principal, de lui délivrer le titre de séjour demandé dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans un délai de 48 heures à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de décider que l'ordonnance sera exécutoire dès son prononcé en application de l'article R. 522-13 du code de justice administrative ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". En vertu des dispositions de l'article L. 522-3 de ce code, lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'engager une procédure contradictoire ou de tenir une audience.

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressée.

3. Pour justifier d'une situation d'urgence, Mme B, ressortissante russe, actuellement titulaire d'un titre de séjour " Passeport talent : salarié en mission d'exercice d'une activité salariée ", soutient que son titre de séjour actuel ne correspond plus à la réalité de sa situation professionnelle et administrative et que le refus de délivrance du titre de séjour demandé est le seul obstacle à sa demande de naturalisation. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme B justifie de circonstances particulières qui établiraient que le dépôt de sa demande de naturalisation soit revêtu d'un caractère urgent. En outre, Mme B se borne à affirmer, sans l'établir, que son absence de naturalisation pénaliserait ses déplacements professionnels, sans d'ailleurs alléguer ni établir que cette circonstance aurait une incidence sur la pérennité de son contrat de travail. Enfin, il ressort des pièces du dossier que son titre de séjour actuel est valable jusqu'au 21 décembre 2025. Ainsi, en l'état de l'instruction et alors qu'il appartient à Mme B de fournir les éléments permettant au juge d'apprécier concrètement les effets immédiats de la décision en litige sur sa situation, la condition d'urgence, au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ne peut être regardée comme remplie.

4. Il y a lieu, dès lors, de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter les conclusions de la requête tendant à la suspension de la décision attaquée, ainsi que par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Versailles, le 2 août 2024.

La juge des référés,

signé

J. Grand d'Esnon

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et de l'outre-mer et au préfet des Yvelines en ce qui les concerne chacun ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2406633

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