mercredi 11 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2406672 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL HOUDART & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er août 2024, M. A B, représenté par Me Netry, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner au Centre Hospitalier Sud-Essonne Dourdan Etampes, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, de lui remettre les bulletins de paie d'octobre 2023 à février 2024, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge du Centre Hospitalier Sud-Essonne la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les conditions d'urgence, d'absence d'obstacle à l'exécution d'une décision et de l'utilité sont remplies ; qu'il est en arrêt maladie et n'a aucune ressource ; pour percevoir des indemnités journalières, il doit disposer de bulletins de salaires pour la période d'octobre 2023 à février 2024 pour disposer d'une attestation Unedic destinée à Pôle Emploi.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 août 2024, le Centre Hospitalier Sud-Essonne Dourdan-Etampes, représenté par Me Jacquet, conclut au non-lieu à statuer.
Il fait valoir que le compte CGOS de l'intéressé est désormais accessible et qu'il a pu établir une attestation de travail le 13 août 2024 ; qu'il n'a pas transmis de bulletins de salaire pour la période d'octobre 2023 à février 2024 car leur montant serait nul en l'absence de service fait ; que le requérant peut compléter son dossier auprès de la sécurité sociale grâce à l'attestation, ce qui prive sa requête d'objet.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Mauny, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'une décision ". Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, aux fins d'enjoindre de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d'urgence et d'utilité, qu'elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
2. M. B, ouvrier professionnel de 2ème classe au sein des services techniques du Centre hospitalier sud-Essonne, a été licencié pour abandon de poste le 25 janvier 2021. Par une décision du 29 décembre 2023, le tribunal administratif a annulé cette décision. Pour permettre sa réintégration, M. B a effectué une visite médicale le 5 mars 2024 au terme de laquelle il a été considéré inapte à reprendre son poste au sein du centre hospitalier. Il dispose depuis d'arrêts maladie et indique, sans être contredit, ne percevoir aucune rémunération. Après avoir vainement demandé la délivrance de bulletins de salaires sur l'espace CGOS et s'être vu opposer l'absence de dossier à son nom, il demande au juge des référés d'enjoindre au centre hospitalier de lui fournir des bulletins de salaire pour la période d'octobre 2023 à février 2024 afin qu'il puisse solliciter le versement d'indemnités journalières de sécurité sociale. A l'appui de son mémoire en défense, le centre hospitalier, qui fait valoir que le compte CGOS de l'intéressé est accessible, produit une attestation de travail en date du 13 août 2024 établie pour permette à l'intéressé d'effectuer ses démarches auprès de la sécurité sociale, en précisant que l'édition de bulletins de salaire ne présente pas d'utilité dès lors que le montant y figurant ne peut qu'être nul en l'absence de service fait. Ce mémoire et l'attestation ont été communiqués le 21 août 2024 au conseil de M. B, qui en a pris connaissance le 2 septembre 2024. M. B n'a formulé aucune observation en réponse et n'a en particulier pas remis en cause l'utilité de l'attestation produite pour la réalisation de ses démarches. Il suit de là que la demande de M. B apparaît dépourvue d'utilité à la date de la présente ordonnance.
3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'injonction de M. B doivent être rejetées, ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1erer r : la requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au centre hospitalier Sud-Essonne Dourdan Etampes.
Fait à Versailles, le 11 septembre 2024.
Le juge des référés,
signé
O. Mauny
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°240667200
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