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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2406690

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2406690

jeudi 5 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2406690
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a été saisi en référé par M. A, ressortissant camerounais, afin d’obtenir, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, la délivrance d’un récépissé de titre de séjour. Le juge des référés a rejeté la requête, estimant que la demande avait perdu son utilité en raison de l’intervention d’une décision implicite de rejet née du silence gardé pendant quatre mois par l’administration, conformément aux articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. La mesure sollicitée était en outre de nature à faire obstacle à l’exécution de cette décision administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er août 2024, et des pièces complémentaires enregistrées le 2 août 2024, M. B A, représenté par Me Berrebi-Wizman, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer un récépissé de titre de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'il est dans une situation précaire et peut être éloigné à tout moment du territoire français ;

- la mesure est utile en ce qu'elle lui permettra de régulariser sa situation administrative ;

- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

La requête a été communiquée à la préfète de l'Essonne, qui n'a pas produit d'observations.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Degorce, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant camerounais, né le 12 mars 1997 à Yaoundé, expose avoir déposé, le 18 avril 2024, une demande d'admission au séjour à titre exceptionnelle via la plateforme " démarches simplifiées " sans qu'aucun récépissé ne lui ait cependant été délivré. Il demande, en conséquence, au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui de lui délivrer un récépissé de titre de séjour

2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". D'autre part, aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ".

3. En l'espèce, M. A a sollicité, le 18 avril 2024, sur la plate-forme " démarches simplifiées " son admission exceptionnelle au séjour ainsi qu'il ressort du formulaire dématérialisé qu'il verse aux débats. Faute de réponse dans le délai de quatre mois, de délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction, de toute demande de pièces complémentaires après cette date susceptible de prolonger le délai d'instruction comme de toute information communiquée au tribunal par les parties à la date de la présente ordonnance, le requérant doit être réputé comme s'étant vu opposer une décision implicite de rejet à sa demande à la date du 18 août 2024.

4. Eu égard à l'intervention de cette décision implicite de rejet, la demande formée par M. A sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne revêt plus aucun caractère d'utilité et est, au surplus, de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative.

5. Dans ces conditions, la requête de M. A ne pourra qu'être rejetée en toutes ses conclusions, l'intéressé demeurant fondé, s'il l'estime utile, de contester la légalité de cette décision implicite par un recours en excès de pouvoir devant le présent tribunal, assorti le cas échéant d'une demande en référé-suspension.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressé à la préfète de l'Essonne.

Fait à Versailles, le 5 septembre 2024.

La juge des référés,

signé

Ch. Degorce

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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