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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2406694

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2406694

jeudi 5 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2406694
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL CENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a été saisi par une ressortissante brésilienne demandant, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer un document provisoire en attendant le renouvellement de son titre de séjour. En cours d'instance, le préfet a délivré à l'intéressée une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 6 novembre 2024. Le juge des référés a constaté que cette délivrance rendait sans objet la demande d'injonction et a prononcé un non-lieu à statuer sur ces conclusions, rejetant également la demande de frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, des pièces complémentaires et un mémoire enregistrés les 1er , 5 et 14 août 2024, Mme C B A, représentée par Me Scuderoni, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre au préfet des Yvelines, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer une convocation afin qu'elle puisse se voir remettre un document provisoire le temps de l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour, dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'il s'agit d'une demande de renouvellement de son titre de séjour, conditionnée à son admission en tant qu'étudiante à l'université qui n'est intervenue que le 11 juin 2024 ; elle est exposée à un risque d'éloignement du territoire alors qu'elle doit poursuivre ses études universitaires ; elle doit chercher un nouvel hébergement à Bordeaux à proximité de sa nouvelle université et ne peut le faire sans être en possession d'une pièce d'identité valide ;

- la mesure est utile en ce qu'elle lui permettra de régulariser sa situation administrative ;

- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 août 2024, le préfet des Yvelines conclut au non-lieu à statuer.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Degorce, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C B A, ressortissante brésilienne, née le 22 mai 1998 à Santa Maria, titulaire d'une carte de séjour temporaire valable du 1er juillet 2023 au 30 juin 2024, a sollicité le renouvellement de son titre de séjour le 14 juin 2024. Elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer une convocation afin qu'elle puisse se voir remettre un document provisoire le temps de l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. En l'espèce, il résulte de l'instruction et n'est pas contesté par Mme B A que le préfet des Yvelines lui a délivré une attestation de prolongation d'instruction valable du 7 août 2024 au 6 novembre 2024. Les conclusions aux fins d'injonction présentées par la requérante ont donc perdu leur objet en cours d'instance. Il n'y a pas lieu d'y statuer.

4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par Mme B A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte présentées par Mme B A.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet des Yvelines.

Fait à Versailles, le 5 septembre 2024.

La juge des référés,

signé

Ch. Degorce

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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