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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2406700

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2406700

lundi 5 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2406700
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme A qui demandait la suspension de la rupture unilatérale d’une promesse de contrat de travail par le tribunal de proximité d’Évry. La juge des référés a requalifié la demande comme étant fondée sur l’article L. 521-2 du code de justice administrative, relatif à la sauvegarde d’une liberté fondamentale. Elle a estimé que la condition d’urgence particulière n’était pas remplie, la requérante se bornant à évoquer une perte de revenus sans justifier d’une situation d’extrême urgence nécessitant une intervention sous 48 heures. La requête a donc été rejetée sans examen du fond, en application de l’article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er août 2024, Mme B A demande au juge des référés, sur le fondement des articles L. 521-1, L. 521-2 et L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le tribunal de proximité d'Evry a rompu unilatéralement la promesse de contrat de travail dont elle bénéficiait en tant que vacataire ;

2°) d'ordonner sa réintégration ou à défaut le versement de la somme due et d'une indemnité pour préjudices subis.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes des dispositions de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire () ". Aux termes de l'article L. 521-2 de ce code : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ". Enfin, en vertu des dispositions combinées de ses articles L. 522-1 et L. 522-3, lorsqu'il apparait manifeste au vu de la demande que la condition d'urgence n'est pas remplie, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans engager une procédure contradictoire.

2. Il résulte des dispositions du titre II du livre V du code de justice administrative, et notamment des articles L. 521-1, L. 521-2, L. 523-1 et R. 522-5, que les demandes formées devant le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 sont présentées, instruites, jugées et, le cas échéant, susceptibles de recours selon des règles distinctes de celles applicables aux demandes présentées simultanément sur le fondement de l'article L. 521-2. Par suite, elles ne peuvent être présentées simultanément dans une même requête. A défaut pour le demandeur de préciser lequel de ces articles il entend invoquer, il appartient au juge saisi de préciser la portée de la demande au vu de tous les éléments d'appréciation dont il dispose. Constituent des critères d'interprétation de la demande les termes des conclusions, l'ensemble de l'argumentation ou la circonstance qu'aucune requête en annulation ou en réformation d'une décision administrative n'a été présentée.

3. La présente requête ayant été présentée sans que ne soit produite ni enregistrée une requête en annulation de la décision attaquée, et concluant à la suspension d'une décision administrative ainsi qu'à la prise des mesures impliquées par cette suspension, il y a lieu de la regarder comme présentée sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

4. L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention rapide d'une mesure de sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une atteinte grave ou manifestement illégale serait portée. En se bornant à faire état de la privation soudaine et, selon elle, injustifiée d'une source de revenu, et à exposer, sans d'ailleurs l'établir, qu'elle aurait perdu d'autres opportunités d'emploi du fait du non aboutissement de la promesse d'embauche, la requérante, qui indique au demeurant bénéficier du RSA, ne justifie pas d'une situation d'urgence particulière justifiant l'intervention du juge des référés dans un délai de 48 heures.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée en toutes ses conclusions par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la seconde condition posée par l'article L. 521-1 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Versailles, le 5 août 2024.

La juge des référés,

Signé

J. Grand d'Esnon

La République mande et ordonne au ministre au ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2406700p.

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