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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2406701

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2406701

lundi 5 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2406701
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête en référé suspension de M. B, qui contestait la décision du ministre de l'intérieur du 6 juin 2024 invalidant son permis de conduire pour perte totale de points. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, le juge des référés a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie. M. B invoquait la nécessité de son permis pour exercer sa profession d'avocat, mais ses seules allégations générales et la production de sa carte professionnelle ont été jugées insuffisantes pour caractériser une atteinte grave et immédiate à sa situation. En conséquence, la requête a été rejetée sans examen du doute sérieux sur la légalité de la décision, par application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er août 2024, M. A B, représenté par Me Couilliot demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision référencée " 48 SI " en date du 6 juin 2024, par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête en excès de pouvoir n°2406699 présentée par le requérant ;

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par la décision référencée " 48 SI " attaquée, le ministre de l'intérieur, d'une part, a constaté l'invalidité du titre de conduite de M. B en raison de la disparition des points affectés à ce permis de conduire à la suite de retraits de points prononcés du fait de diverses infractions et, d'autre part, lui a enjoint de restituer ce titre de conduite.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code, la requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit justifier de l'urgence de l'affaire. Enfin, en vertu de l'article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête, sans instruction ni audience, lorsqu'elle ne présente pas un caractère d'urgence.

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée globalement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

4. Pour démontrer l'urgence, M. B invoque la nécessité de disposer de son permis de conduire à brève échéance pour se rendre sur son lieu de travail et exercer son activité professionnelle d'avocat sans être soumis aux contraintes résultant des transports en commun ou être exposé à des poursuites pénales. En se bornant à faire état de telles généralités qui relèvent de motifs de confort et à produire sa carte professionnelle, le requérant ne saurait être regardé comme justifiant de ce que la condition d'urgence, exigée par les dispositions précitées de l'article L. 521- 1 du code de justice administrative serait satisfaite.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la présente requête, par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la seconde condition posée par l'article L. 521-1 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Versailles, le 5 août 2024.

La juge des référés,

Signé

J. Grand d'Esnon

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

N°240670100p.

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