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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2406745

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2406745

lundi 9 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2406745
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre - 4/11u
Avocat requérantSELARL CENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête de M. B, ressortissant irakien, qui contestait un arrêté du préfet de police de Paris du 4 juin 2024 lui interdisant le retour sur le territoire français pour un an. Le tribunal a écarté le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, faute pour le requérant de justifier de liens personnels et familiaux suffisamment intenses en France. Il a également jugé inopérant l'argument selon lequel l'intéressé ne pourrait retourner en Irak, cette circonstance étant sans incidence sur la légalité de l'interdiction de retour. La solution retenue est le rejet de la demande d'annulation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 31 juillet 2024, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Versailles la requête présentée par M. A B.

Par cette requête, enregistrée le 6 juin 2024, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 4 juin 2024 par lequel le préfet de police de Paris lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an en l'informant qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.

Le requérant qui ne fait état que de sa famille et de son parcours de vie ne présente aucun moyen au soutien de ses conclusions.

La requête a été communiquée au préfet de police de Paris qui n'a pas produit de mémoire en défense, ni versé de pièces au dossier.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Ouardes, président, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 septembre 2024 :

- le rapport de M. Ouardes ;

- les observations de M. B, qui soutient d'une part, être présent en France depuis sept années, y avoir fait des études, disposer d'une promesse d'embauche en qualité de paysagiste, et d'autre part, qu'il ne peut pas retourner en Irak dès lors qu'il a toujours vécu en Iran ;

- le préfet de police de Paris n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant irakien né le 22 décembre 2002, doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 4 juin 2024 par lequel le préfet de police de Paris lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an en l'informant qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.

2. En premier lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".

3. Si M. B, qui est entré en France en 2017, selon ses déclarations, se prévaut de son ancienneté de présence sur le territoire français, il n'en justifie pas. En outre, si le requérant a produit à l'audience une promesse d'embauche, au demeurant postérieure à l'arrêté attaqué, cet élément, bien qu'il démontre une volonté d'insertion par le travail, ne suffit pas, à lui seul, à établir l'intensité et la réalité des liens personnels et familiaux que M. B, célibataire et sans charge de famille, entretient en France. Enfin, M. B ne conteste pas s'être soustrait à l'exécution d'une obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre, le 10 juin 2022, par le préfet des Hauts-de-Seine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

4. En second lieu, si M. B soutient qu'il ne peut pas retourner en Irak dès lors qu'il a toujours vécu en Iran, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de l'arrêté en litige, lequel a pour seul effet d'interdire à l'intéressé de retourner sur le territoire français. Par suite, ce moyen, qui est inopérant, ne peut qu'être écarté.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de police de Paris du 4 juin 2024 doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de police de Paris.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 septembre 2024.

Le magistrat désigné,

signé

P. Ouardes La greffière,

signé

E. Amegee

La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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