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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2406753

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2406753

mardi 6 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2406753
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A C. Ce dernier demandait au juge des référés d'enjoindre au préfet de l'Essonne de le convoquer pour déposer une demande de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé, en raison de dysfonctionnements des services préfectoraux. Le juge a estimé que la condition d'urgence particulière, nécessaire pour obtenir des mesures dans un délai de 48 heures, n'était pas caractérisée, malgré l'argument du requérant sur son déplacement prévu pour un mariage familial en Tunisie. La requête a donc été rejetée comme manifestement mal fondée, sans qu'il soit besoin d'examiner l'atteinte aux libertés fondamentales invoquée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 août 2024, M. B A C, représenté par Me Vasram, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de le convoquer afin qu'il puisse déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, dans l'attente de la délivrance de son titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler et lui permettant de voyager, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, dans l'attente de la délivrance de son titre de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que, malgré de nombreuses tentatives, c'est en raison des dysfonctionnements des services de la préfecture qu'il se trouve dans une situation de précarité ; il doit se rendre au mariage de sa sœur qui se déroule en Tunisie le 12 août 2024 et qu'il a engagé des frais notamment pour l'achat des billets d'avion et l'hébergement ; tout dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour en ligne est impossible ;

- l'impossibilité de déposer son dossier de renouvellement de titre de séjour et la situation née des dysfonctionnements des services préfectoraux dans laquelle il se trouve porte atteinte à sa vie privée et familiale et à sa liberté d'aller et venir ;

- la situation dans laquelle il se trouve est exclusivement imputable à l'administration dans l'exercice de ses pouvoirs.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative ;

La présidente du tribunal a désigné M. Féral, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C était titulaire d'une carte de résident valable jusqu'au 29 juin 2024. Le 13 mars 2024, l'intéressé a informé les services de la préfecture de l'Essonne du blocage qu'il rencontrait pour déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour sur le site de l'administration numérique des étrangers en France (ANEF). Le 28 mai 2024, il a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour sur le site demarches-simplifiees.fr, demande qui a été classée sans suite par les services de la préfecture de l'Essonne le 12 juillet 2024 au motif qu'un titre de séjour édité en 2021 est disponible auprès de la sous-préfecture du Raincy. Le 28 mai 2024, la sous-préfecture du Raincy avait informé l'intéressé que le titre édité en 2021 avait été détruit car jamais récupéré. Par la présente requête, M. C demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative d'enjoindre au préfet de l'Essonne de le convoquer afin qu'il puisse déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler et lui permettant de voyager, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

3. A la différence d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s'il est justifié d'une situation d'urgence et de l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, un requérant qui fonde son action sur la procédure particulière de l'article L. 521-2 du même code doit justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

4. Pour établir l'existence d'une urgence particulière caractérisant la nécessité pour elle de bénéficier dans les quarante-huit heures des mesures d'injonction qu'il demande, M. A C fait valoir qu'il est dans l'impossibilité de procéder au renouvellement de son titre de séjour en raison des dysfonctionnements des services de la préfecture et qu'il doit se rendre au mariage de sa sœur en Tunisie le 12 août 2024 et qu'il a engagé des frais notamment pour l'achat des billets d'avion, l'hébergement et la location d'une voiture. Toutefois, la seule circonstance qu'il se trouverait dans l'impossibilité de procéder au renouvellement de son titre de séjour ne constitue pas, en elle-même, une situation d'urgence particulière au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. En outre, alors que le titre de séjour dont bénéficiait le requérant est arrivé à expiration le 29 juin 2024 et que sa demande de renouvellement déposée sur le site demarches-simplifiees.fr le 28 mai 2024 a été classée sans suite le 12 juillet suivant, l'intéressé n'a toutefois pas contesté cette décision et n'a saisi le tribunal d'une requête tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de le convoquer pour déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour et lui remettre un récépissé l'autorisant à voyager, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, que le 5 août 2024 en faisant état de l'imminence de son voyage pour se rendre au mariage de sa sœur en Tunisie. Ainsi, le requérant doit être regardé comme ayant créé la situation d'urgence particulière qu'il invoque rendant nécessaire l'intervention du juge des référés dans les quarante-huit heures. Par suite, la condition tenant à l'urgence prévue à l'article L. 521-2 du code de justice administrative ne peut être regardée comme étant remplie.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. A C, en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue par les dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A C est rejetée

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C.

Fait à Versailles, le 6 août 2024.

Le juge des référés,

Signé

R. Féral

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir l'exécution de la présente décision.

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