jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2406759 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 août 2024, M. B A, représenté par Me Ridja Mali, demande au juge des référés d'ordonner à la préfète de l'Essonne, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de traiter sa demande de changement d'adresse dans les 10 jours suivant la décision à intervenir et de condamner l'Etat au versement de la somme de 1200 euros en application des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite, car son titre de voyage a expiré le 10 décembre 2023 et il souhaiterait voyager au Sénégal, ce dont il est empêché ; il n'a pas obtenu de réponse depuis sa demande le 24 septembre 2023 ;
- la mesure est utile eu égard aux modalités d'établissement d'un titre de voyage ;
- la mesure ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Ouardes, président de la 4ème chambre, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes, d'une part, de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. Aux termes, d'autre part, de l'article L. 561-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A moins que des raisons impérieuses de sécurité nationale ou d'ordre public ne s'y opposent, l'étranger titulaire d'un titre de séjour en cours de validité auquel la qualité de réfugié a été reconnue en application de l'article L. 511-1 et qui se trouve toujours sous la protection de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides peut se voir délivrer un document de voyage dénommé " titre de voyage pour réfugié " l'autorisant à voyager hors du territoire français. Ce titre permet à son titulaire de demander à se rendre dans tous les Etats, à l'exclusion de celui ou de ceux vis-à-vis desquels ses craintes de persécution ont été reconnues comme fondées en application du même article L. 511-1. ".
3. M. A, ressortissant mauritanien né la 15 mars 1977, titulaire d'une carte de résident valable jusqu'au 31 mai 2028 en raison de sa qualité de réfugié, bénéficiait d'un titre de voyage réfugié valable du 11 décembre 2018 au 10 décembre 2023. Il a sollicité le changement de son adresse afin de procéder au renouvellement de ce titre de voyage le 24 septembre 2023 et il a produit un courrier à la préfecture de l'Essonne le 19 juin 2024 indiquant que sa demande était en cours d'instruction à cette date. Si M. A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 précité, d'enjoindre au préfet de traiter son changement d'adresse pour procéder au renouvellement de son titre de voyage, il ne fait état, pour justifier de l'urgence d'une telle mesure, que son souhait de voyager au Sénégal pour rendre visite à sa mère, sans donner aucune précision sur ce voyage, en particulier sur la nécessité de l'effectuer à cette période. Il ne justifie donc pas de l'urgence à ordonner la mesure qu'il demande, alors qu'il a un état de santé fragile. Au surplus, le juge des référés ne peut statuer que par des mesures provisoires. Il y a donc lieu de rejeter la requête présentée par M. A en toutes ses conclusions, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outres-mer.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Essonne.
Fait à Versailles, le 12 septembre 2024,
Le juge des référés,
signé
P. Ouardes
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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