mercredi 21 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2406874 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 août 2024, Mme A, représentée par Me Lejeune, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 20 juin 2024 par laquelle le préfet des Yvelines a refusé de renouveler son titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de réexaminer sa demande dans un délai de quinze jours et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est présumée remplie dès lors qu'elle a sollicité le renouvellement de sa carte de séjour ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité externe de la décision puisque, d'une part, elle est insuffisamment motivée ce qui révèle un défaut d'examen de sa situation personnelle et d'autre part, elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que l'avis du collège des médecins de l'OFII n'a pas été produit et que, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la commission du titre de séjour n'a pas été saisie ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité interne de la décision puisque, en premier lieu, le préfet des Yvelines s'est cru à tort lié par l'avis du collège des médecins de l'OFII, en deuxième lieu, la décision méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le défaut de prise en charge de son état de santé risque d'entraîner pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'elle n'a pas accès effectivement à un traitement approprié dans son pays d'origine et, en dernier lieu, la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation puisque depuis 2016, elle est présente en France où elle travaille et dispose de nombreuses attaches sociales.
Par un mémoire enregistré le 19 août 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a produit des pièces.
Par des mémoires enregistrés les 19 et 21 août 2024, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 7 août 2024 sous le numéro 2406845 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 21 août 2024 à 11h00 en présence de Mme Gilbert, greffière, M. B a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Lejeune qui conclut aux mêmes fins que sa requête et par les mêmes moyens ;
- le préfet des Yvelines n'étant ni présent ni représenté.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
2. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an ".
3. Ressortissante sénégalaise née le 17 janvier 1970 et entrée en France le 25 septembre 2016, Mme A a déposé le 15 décembre 2023, une demande de renouvellement du titre de séjour qu'il lui avait été délivré en raison de son état de santé. Par la décision du 20 juin 2024 dont la requérante demande la suspension de l'exécution, le préfet des Yvelines a rejeté sa demande.
4. En l'état de l'instruction, et eu égard notamment à la circonstance que les documents produits par la requérante ne contredisent pas les motifs de l'avis du collège des médecins de l'OFII rendu le 15 mai 2024, aucun des moyens invoqués par la requérante, précisés dans les visas de la présente ordonnance, n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée. Par suite, les conclusions à fin de suspension de l'exécution de la décision portant refus de renouvellement du titre de séjour de Mme A doivent être rejetées. Il en est par conséquent de même des conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que de celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme C A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Yvelines.
Fait à Versailles, le 21 août 2024 .
Le juge des référés,
Signé
N. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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