vendredi 9 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2406878 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 août 2024, M. A B, représenté par Me Khiter, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du directeur du conseil national des activités privées de sécurité rejetant sa demande de délivrance d'une carte professionnelle ;
2°) d'enjoindre au directeur du conseil national des activités privées de sécurité de lui délivrer une carte professionnelle à titre provisoire, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de la décision, dans un délai de 8 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et ce, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du conseil national des activités privées de sécurité une somme de 1 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il risque d'être licencié ;
- il existe des moyens propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en ce que le principe du contradictoire n'a pas été respecté ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation et d'une erreur de droit.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 7 août 2024 sous le n° 2406877 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative ;
La présidente du tribunal a désigné M. Féral, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Par ailleurs, en vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction, ni audience, lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le demandeur, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence s'apprécie objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce.
3. En l'espèce, pour justifier de l'urgence à prononcer la suspension de la décision en litige, M. B soutient que le refus de délivrance d'une carte de professionnelle l'expose à un risque de licenciement. Si l'intéressé produit un avenant à un contrat de travail avec la société " Amyna Protection ", signé le 1er juillet 2023, qui mentionne qu'il a été embauché à compter du 8 juin 2023 en qualité d'agent de protection rapprochée, il ne produit toutefois pas la copie son contrat de travail et ne produit qu'une seule fiche de paie établie pour le mois de juin 2024, de sorte qu'il ne justifie pas de l'activité qu'il exerce au sein de cette société. En outre, il ne produit aucun document à l'appui de ses allégations, notamment de son employeur, démontrant le risque de perte ou de suspension de son emploi à très brève échéance. Au surplus, il ne produit aucun élément démontrant que cette activité serait la seule activité lui procurant des revenus pour subvenir à ses besoins quotidiens. Dans ces conditions, alors qu'au demeurant la décision litigieuse n'est pas datée et que l'intéressé ne précise pas même la date à laquelle elle lui a été notifiée, la condition d'urgence posée à l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme satisfaite.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner s'il existe un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, qu'il y a lieu, en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, de rejeter les conclusions à fin de suspension présentées par M. B.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Versailles, le 9 août 2024.
Le juge des référés,
signé
R. Féral
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir l'exécution de la présente décision.
N°2406878
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