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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2406924

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2406924

lundi 12 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2406924
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête en référé suspension de Mme A, qui contestait son affectation au lycée René Cassin. La requérante invoquait l'urgence en raison de son asthme, mais n'a pas démontré en quoi ce poste de chargé d'accueil l'exposerait à un risque pour sa santé. Le juge a estimé que l'urgence n'était pas établie, d'autant que le conseil médical l'avait déclarée apte à la reprise sur son poste habituel. De plus, la requête au fond visait un avis médical non susceptible de recours, et non la décision d'affectation elle-même, la rendant irrecevable. La décision est fondée sur les articles L. 521-1 et L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 août 2024, Mme C A, représentée par Me Norzielus, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision d'affectation prise le 25 juin 2024 par la présidente du conseil régional d'Ile-de-France, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) de mettre à la charge de la région Ile-de-France une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'il y a urgence à suspendre la décision attaquée dans l'attente du jugement sur sa requête en annulation dès lors qu'elle est de nature à entraîner des conséquences irrémédiables sur son état de santé au regard des avis rendus par plusieurs médecins.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 dudit code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. "

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée globalement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

3. Par une décision du 25 juin 2024, la présidente du conseil régional d'Ile-de-France a décidé d'affecter Mme A sur un poste d'agent d'accueil-standardiste au sein du lycée René Cassin situé à Arpajon, à compter du 15 juillet 2024. Si, pour soutenir qu'il existe une urgence à suspendre cette décision, l'intéressée fait valoir, en s'appuyant sur plusieurs avis médicaux, qu'elle présente un asthme important, nécessitant une affectation sur un poste aménagé dénué d'exposition à des agents toxiques ou irritants en évitant les établissements en travaux ou disposant d'un atelier de couture, elle n'indique pas en quoi le poste de chargé d'accueil sur lequel elle est nommée est susceptible de l'exposer à un risque pour son état de santé, alors par ailleurs que, par un avis du 11 juin 2024, le conseil médical a indiqué qu'elle était apte à la reprise sur son poste habituel. Par suite, Mme A n'apporte pas de justifications suffisantes, de nature à établir l'existence d'une situation d'urgence qui ne résulte pas davantage de la nature et de la portée de la décision attaquée.

4. Au surplus, la requête en annulation présentée simultanément par la requérante n'est pas dirigée contre la décision d'affectation du 25 juin 2024 mais contre l'avis rendu par le conseil médical interdépartemental le 11 juin 2024, qui n'est d'ailleurs pas une décision faisant grief. Par suite, la présente requête en référé est également manifestement irrecevable dès lors que la décision dont la suspension est sollicitée ne fait pas l'objet d'une requête en annulation.

5. Par suite, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A.

Fait à Versailles, le 12 août 2024.

Le juge des référés,

Signé

B. B

La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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