lundi 12 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2406948 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 août 2024, M. C B, représenté par Me Lacour, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision " 48SI " du 13 juin 2024 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer l'a informé de la perte de quatre points de son permis de conduire et de l'invalidation de son permis de conduire en raison d'un solde de points nul, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'ordonner la restitution provisoire de son permis de conduire ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 400 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il doit disposer impérativement de son permis de conduire pour des motifs professionnels ; il est enseignant contractuel, affecté dans deux lycées différents situés respectivement à 36 km et 12 km de son domicile et il est sans cesse en mouvement entre ces deux établissements ; faute de pouvoir assurer ses cours il risque d'être licencié ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors qu'à la date de cette décision, son solde de point n'était pas nul dans la mesure où il a demandé le 8 août 2024 la production de l'infraction commise le 18 mars 2023 aux fins de la contester ; son relevé d'information intégral indique que son permis est valide ; les points retirés à raison des infractions commises visées dans la décision attaquée l'ont été illégalement dès lors qu'il ne s'est pas acquitté du paiement des amendes forfaitaires ou majorées et que la réalité de ces infractions ne peut ainsi être regardée comme établie ; la décision 48SI n'est pas motivée ;
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 9 aout 2024 sous le numéro 2406947 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence (), le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. () ".
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation des requérants ou aux intérêts qu'ils entendent défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications apportées par les requérants, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. La condition d'urgence s'apprécie objectivement et globalement au regard de l'intérêt du demandeur mais aussi de l'intérêt public et notamment, s'agissant d'une décision d'invalidation d'un permis de conduire, des exigences liées à la protection de la sécurité routière.
3. Pour justifier d'une situation d'urgence, M. B fait valoir que la détention de son permis de conduire est indispensable à l'exercice de son activité professionnelle. S'il résulte de l'instruction qu'il est enseignant contractuel, affecté dans deux lycées de la région Ile-de-France, à Saint Germain en Laye et Massy, éloignés de son domicile situé à Magny les Hameaux et éloignés l'un de l'autre, il n'établit pas, ni même n'allègue qu'il serait dans l'impossibilité absolue de s'y rendre à l'aide des transports en commun, particulièrement denses dans cette région ni que son emploi du temps ferait manifestement obstacle à l'utilisation de ce mode de déplacement. D'autre part, il résulte du relevé d'information intégral de son permis de conduire qu'en l'espace d'un an l'intéressé a commis pas moins de cinq infractions d'excès de vitesse et deux infractions, particulièrement graves, de non-respect de l'arrêt imposé par un feu rouge. Dans ces circonstances et eu égard à la gravité et à la réitération des infractions au code de la route constatées, les exigences de la protection de la sécurité routière, dont il appartient au juge des référés de tenir compte, font obstacle à ce que puisse être regardée comme remplie la condition d'urgence au sens des articles L. 521-1 et R. 522-1 précités du code de justice administrative, en dépit des inconvénients que la décision présente pour le requérant.
4. Au surplus, les moyens soulevés par M. B ne sont manifestement pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
5. Par suite, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B.
Fait à Versailles, le 12 août 2024.
Le juge des référés,
Signé
B. A
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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