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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2407007

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2407007

vendredi 16 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2407007
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, rejette la demande de suspension présentée par Mme Martelot, conseillère municipale, contestant la décision du maire de Vernouillet du 23 juillet 2024 augmentant de 4,9 % les tarifs des services enfance, jeunesse, centre social et bibliothèque. Le juge estime que la requête est manifestement mal fondée, le moyen tiré de l’incompétence du maire n’étant pas de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision, compte tenu des termes de la délibération de délégation. En outre, la condition d’urgence n’est pas remplie, la décision étant motivée par l’intérêt public lié à l’équilibre budgétaire communal.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 août 2024, Mme Véronique Martelot, conseillère municipale de Vernouillet, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative d'ordonner, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision, la suspension de l'exécution de :

- la décision en date du 23 juillet 2024 par laquelle le maire de Vernouillet a abrogé et remplacé sa décision du 25 juin 2024 ayant le même objet et augmenté de 4,9% l'ensemble des tarifs applicables aux bénéficiaires du secteur enfance et jeunesse, du centre social et de la bibliothèque à compter du 1er septembre 2024 ;

- la décision en date du 23 juillet 2024 par laquelle le maire de Vernouillet a rejeté son recours gracieux.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'en prenant pendant l'été, sans consultation ni information du conseil municipal, une décision ayant un impact financier important sur les familles bénéficiant de prestations à compter du 1er septembre, sans lui accorder de publicité, le maire place les habitants devant le fait accompli ;

- le moyen suivant est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté dont la suspension est demandée : la délibération est entachée d'incompétence, faute pour la délibération 2020-004 portant délégation de compétence du conseil municipal au maire d'avoir défini de manière suffisamment précise les secteurs dans lesquels le maire dispose de la marge de manœuvre nécessaire pour décider lui-même des augmentations des tarifs et redevances communales.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête concluant à l'annulation de la décision attaquée.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". En vertu des dispositions de l'article L. 522-3 de ce code, Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'engager une procédure contradictoire ou de tenir une audience.

2. En l'état de l'instruction, eu égard aux termes du 2° de la délibération n°2020-004 du 18 mai 2020, et à la formulation de l'unique moyen soulevé tel que visé ci-dessus, la requête est manifestement mal fondée.

3. Au surplus, eu égard à la motivation de la décision attaquée qui se fonde sur l'intérêt public s'attachant à l'équilibre budgétaire de la commune de Vernouillet, les éléments avancés par la requérante pour établir l'urgence, tels que visés ci-dessus, ne permettent pas davantage de regarder la condition d'urgence comme satisfaite.

4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée en toutes ses conclusions par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme Véronique Martelot.

Copie en sera adressée pour information au maire de Vernouillet.

Fait à Versailles, le 16 août 2024.

La juge des référés,

Signé

J. Grand d'Esnon

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°240700700p.

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