vendredi 16 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2407008 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 août 2024, M. A B, représenté par Me Sedjro demande au juge des référés :
1°) de prononcer, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 6 novembre 2023 par lequel le préfet des Yvelines a rejeté sa demande d'autorisation de regroupement familial au profit de son épouse ;
2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de réexaminer sa situation et de statuer à titre provisoire sur sa demande de regroupement familial, et ce, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, la somme de 1200 euros à verser à Me Sedjro sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'exécution de l'arrêté porte gravement atteinte au droit à la vie privée et familiale du requérant ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué. En effet, cet arrêté est entaché d'incompétence faute de délégation de signature accordée à son signataire. Il est entaché d'erreur de droit en tant qu'il est fondé sur les dispositions de l'article R. 411-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile bien qu'elles aient été abrogées par l'ordonnance n°2020-1733 du 16 décembre 2020. Il est entaché d'erreur de fait en ce que le motif tiré du défaut de conformité du logement est fondé sur une composition familiale erronée, les enfants de son premier mariage résidant non pas avec lui mais à Hawaï avec leur mère et deux d'entre eux étant majeurs à la date de la décision. Il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce qu'il ne met pas fin à la prolongation de l'éloignement de son épouse qui réside au Togo.
Vu la copie de la requête présentée par M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du 6 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". En vertu des dispositions de l'article L. 522-3 de ce code, lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'engager une procédure contradictoire ou de tenir une audience.
2. En l'état de l'instruction, il est manifeste, au vu de chacun des moyens tels que visés ci-dessus, que la requête est mal fondée. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il appartient au requérant s'il s'y croit fondé de déposer une nouvelle demande de regroupement familial en apportant tout justificatif concernant la composition familiale de son foyer à la date du dépôt de cette nouvelle demande, laquelle devra être prise en compte par l'administration pour apprécier la conformité du logement.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Versailles, le 16 août 2024.
La juge des référés,
Signé
J. Grand d'Esnon
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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