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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2407061

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2407061

vendredi 16 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2407061
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantDLIMI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision implicite de rejet d’une demande de titre de séjour présentée par M. A. Le juge a estimé que la requête était manifestement mal fondée, faute pour le requérant d’avoir démontré que son dossier de demande était complet, ce qui ne permettait pas de faire naître une décision implicite de rejet. En conséquence, la condition d’urgence et l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée n’ont pas été examinées. La requête a été rejetée sur le fondement de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 août 2024, M. B A, représenté par Me Dlimi demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite de rejet résultant du silence gardé par la préfète de l'Essonne sur sa demande de délivrance d'un titre de séjour ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui proposer un rendez-vous pour examiner sa situation et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dès le prononcé de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement à Me Dlimi d'une somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence résulte du risque d'éloignement du sol français, de l'atteinte à sa vie privée et familiale à son droit de travailler et à sa situation financière ;

- les moyens suivants sont des moyens de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée : elle est insuffisamment motivée ; elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation eu égard à l'ancienneté de son insertion professionnelle ; elle méconnait les dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales eu égard à l'ancienneté et à la qualité de son insertion ;

Vu les autres pièces du dossier.

Vu la requête n°2407060 tendant à l'annulation de la décision attaquée ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991.

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". En vertu des dispositions de son article L. 522-3, lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans engager d'instruction contradictoire ni tenir d'audience.

2. En l'espèce, faute de pièce justifiant que le dossier de demande d'admission exceptionnelle au séjour déposé par le requérant était complet après la dernière actualisation à laquelle il a procédé, et alors que le dépôt d'un dossier incomplet n'est pas susceptible de faire naître une décision implicite de rejet d'une demande de titre de séjour, la présente requête, qui tend à la suspension d'une décision dont l'existence n'est pas établie, est manifestement mal fondée. Il suit de là qu'en l'état de l'instruction, la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à la préfète de l'Essonne et à Me Dlimi.

Fait à Versailles, le 16 août 2024.

La juge des référés,

Signé

J. Grand d'Esnon

La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°247061

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