lundi 23 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2407133 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée au tribunal administratif de Paris le 16 avril 2024 puis transmise au tribunal administratif de Versailles par ordonnance du président du tribunal administratif de Paris en date du 16 août 2024, M. A C, représenté par Me Abitbol demande au tribunal :
1°) d'annuler en date du 14 avril 2024 par lequel le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai ;
2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Il soutient que :
- L'arrêté est entaché de défaut d'examen particulier de sa situation personnelle, d'erreur manifeste d'appréciation et de violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, compte tenu de sa vie privée et professionnelle en France ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 septembre 2024, le préfet de police, représenté par Me Termeau, conclut au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention franco-ivoirienne en date du 21 septembre 1992 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les requêtes relevant aux procédures prévues à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 12 septembre 2024, en présence de M. Rion, greffier :
- le rapport de Mme B,
- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant ivoirien né le 8 août 1994 à Saioua, serait, selon ses déclarations, entré irrégulièrement en France en 2018. Il n'a sollicité aucun titre de séjour et s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français. Par un arrêté du 14 avril 2024, le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné. M. C demande au tribunal l'annulation de ces arrêtés.
2. En premier lieu, il ne ressort pas des termes de l'arrêté attaqué, ni d'aucune autre pièce du dossier, que le préfet de police ne se serait pas livré à un examen sérieux et particulier de la situation personnelle de M. C. Ce moyen doit ainsi être écarté.
3. En second lieu, la seule circonstance, invoquée par l'intéressé, qui n'a, au demeurant, présenté aucune demande de titre de séjour et s'est soustrait à l'exécution d'une mesure d'éloignement en date du 30 août 2019 prononcée par le préfet de police, qu'il travaillerait en France et y serait parfaitement intégré professionnellement, n'est pas de nature à entacher l'arrêté attaqué d'une erreur manifeste d'appréciation. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
4. Enfin, le requérant ne peut utilement se prévaloir de la circulaire du ministre de l'intérieur en date du 28 novembre 2012.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C ne peut qu'être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles relatives aux frais de l'instance.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de police.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 septembre 2024.
La magistrate désignée,
signé
Ch. B Le greffier,
signé
T. Rion
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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