jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2407157 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | SELARL CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2328269 du 19 août 2024, le président du tribunal administratif de Paris a transmis le dossier de la requête de M. B A au tribunal administratif de Versailles.
Par cette requête, enregistrée le 10 décembre 2023, M. B A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 1er décembre 2023, par lequel le préfet de Police lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office ;
Il soutient que :
- le signataire de cet arrêté, difficilement identifié, est incompétent ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard du I de l'article L. 611- 1 et suivants du CESEDA ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard du II de l'article L. 611-1 et L. 614-1 du CESEDA
- il ne représente pas une menace pour l'ordre public ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 septembre 2024, le préfet de Police, représenté par Me Rannou, avocat, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant signée à Genève ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Brumeaux pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 921-1 et L. 921-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article L. 922- 2 du code de justice administrative.
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Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 19 septembre 2024 :
- le rapport de M. Brumeaux ;
- les observations de Me Lamirand, avocat désigné d'office, pour M. A, absent. Elle conclut aux mêmes fins que la requête et fait notamment valoir que la décision est insuffisamment motivée à propos de la durée de son séjour en France, qui est de 5 ans, et de la présence de ses parents et de son frère, qui le loge ;
-en présence de Mme E, interprète en langue turque ;
- le préfet de Police n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant turc, né le 9 décembre 1994, est entré sur le territoire français en août 2019 selon ses déclarations. Il a présenté une demande d'asile qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et des apatride (OFPRA) le 3 juillet 2020, décision qui a été confirmée par la CNDA le 19 novembre 2020. Par un arrêté du 1er décembre 2023, le préfet de Police lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. M. A demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
Sur la décision portant obligation à quitter le territoire français :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2024-00349 du 18 mars 2024 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial, le préfet de police a donné délégation à Mme D C, attachée d'administration de l'Etat, signataire des arrêtés attaqués, pour signer tous les actes dans la limite de ses attributions, au nombre desquelles figure la police des étranger par un arrêté n° 2023-01598 du 28 décembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Paris le même jour, délégation à l'effet de signer les décisions dans la limite de ses attributions, dont relève la police des étrangers, en cas d'absence ou d'empêchement d'autorités dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elles n'ont pas été absentes ou empêchées lors de la signature de l'acte attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés attaqués doit être écarté.
3. En second lieu, l'arrêté en litige vise les textes dont il est fait application et expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. A, pour l'obliger à quitter le territoire français dans un délai d'un mois et pour fixer le pays de destination. Dès lors, cet arrêté, qui n'a pas à reprendre tous les éléments de fait relatifs à la situation de l'intéressé, comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement des décisions attaquées et permet ainsi au requérant d'en contester utilement le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ( ) ; 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2 5 ();5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public () ".
5. Il ressort des pièces du dossier, comme il a été dit au point 1 que M. A est entré irrégulièrement en France en 2019, que sa demande de protection internationale a été définitivement rejetée le 19 novembre 2020, qu'il s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français depuis lors. Par suite le préfet pouvait légalement, pour l'ensemble de ces motifs, obliger le requérant à quitter le territoire français. Par suite le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté. La durée de son séjour en France et la présence de ses parents et de son frère ne remettent pas en cause ce qui précède. Enfin M. A ne peut utilement soutenir qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public dès lors que ce motif n'a pas été retenu pour fonder la mesure d'éloignement.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du 1er décembre 2023 du préfet de Paris doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : la requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de Police.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
signé
M. Brumeaux Le greffier,
signé
T. Rion
La République mande et ordonne au préfet de Police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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