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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2407170

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2407170

mercredi 21 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2407170
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, rejette la demande de suspension de M. A. Le requérant contestait le refus de la préfète de l'Essonne d'enregistrer sa demande de titre de séjour pour dossier incomplet. Le juge estime que ce refus ne constitue pas une décision faisant grief, car le justificatif de domicile fourni (un abonnement, non une facture) ne correspondait pas aux pièces exigées par l'annexe 10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers. La requête est donc irrecevable et rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 août 2024, M. B A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision de la préfète de l'Essonne de lui délivrer un rendez-vous pour le dépôt de sa demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de fixer un rendez-vous pour le dépôt de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour et à titre subsidiaire de réexaminer sa demande ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

-la condition d'urgence est remplie, son employeur lui demandant de justifier du dépôt d'une demande de titre de séjour ;

-la condition du doute sérieux sur la légalité de la décision est remplie, la décision étant entachée d'une erreur de fait car il a produit le justificatif de domicile requis, méconnaissant l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour et entachée d'une erreur de droit car son dossier était complet.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Mauny, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiants de son état civil ; / 2° Les documents justifiants de sa nationalité ; / 3° Les documents justifiants de l'état civil et de la nationalité de son conjoint, de ses enfants et de ses parents lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour pour motif familial. / La délivrance du premier récépissé et l'intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents. / ( ) ". Aux termes de l'annexe 10 audit code, s'agissant de demandes d'admission exceptionnelle au séjour : " Pièces à fournir dans tous les cas : () - justificatif de domicile datant de moins de six mois : facture (électricité, gaz, eau, téléphone fixe, accès à internet), bail de location de moins de six mois, quittance de loyer (si locataire) ou taxe d'habitation ; en cas d'hébergement à l'hôtel : attestation de l'hôtelier et facture du dernier mois ; en cas d'hébergement chez un particulier : attestation de l'hébergeant datée et signée, copie de sa carte nationale d'identité ou de sa carte de séjour, et justificatif de son domicile si l'adresse de sa carte nationale d'identité ou de sa carte de séjour n'est plus à jour ;(). ".

3. Le refus d'enregistrer une demande de titre de séjour motif pris du caractère incomplet du dossier ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir lorsque le dossier est effectivement incomplet, en l'absence de l'un des documents mentionnés à l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou lorsque l'absence d'une pièce mentionnée à l'annexe 10 à ce code, auquel renvoie l'article R. 431-11 du même code, rend impossible l'instruction de la demande.

4. Il résulte des pièces du dossier que les services de la préfecture de l'Essonne ont refusé le 21 juillet 2024 d'instruire la demande d'admission exceptionnelle au séjour de M. A, déposée le 22 juillet 2022 et actualisée le 10 avril 2024, au motif que, s'agissant du justificatif de domicile, il n'avait pas produit de facture d'énergie et l'ont invité à redéposer un dossier complet. Si M. A soutient qu'il a produit le justificatif de domicile requis, il ressort des pièces du dossier qu'il a produit un justificatif d'abonnement établi par la société Total énergie, ne retraçant pas sa consommation d'énergie, et non une facture, telle que mentionnée à l'annexe 10 précitée. Dès lors que le dossier de M. A était incomplet, la décision contestée, qui au surplus ne lui refuse pas de rendez-vous, ne lui fait pas grief et il n'est pas recevable à en demander la suspension.

5.Il y a donc lieu de rejeter, sur le fondement des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, les conclusions à fin de suspension et d'injonction présentées par M. A, ainsi que, en tout état de cause, celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Versailles, le 21 août 2024.

Le juge des référés,

Signé

O. Mauny

La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2407170

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