mardi 27 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2407226 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | SANGUE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 21 août 2024, le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a transmis au tribunal administratif de Versailles le dossier de la requête de M. D C.
Par cette requête, enregistrée le 8 août 2024, M. D C, représenté par Me Sangue, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté en date du 7 août 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans ;
3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de 8 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 80 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, à défaut d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire, à lui-même au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus de délai de départ volontaire ont été prises par une autorité territorialement incompétente et leur signataire ne dispose pas d'une délégation de signature régulièrement publiée ;
- ces décisions sont insuffisamment motivées et entachées d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elles ont été prises en méconnaissance de son droit à être entendu ;
- elles sont entachées d'un vice de procédure dès lors qu'il n'a pas été informé des modalités d'introduction d'une demande de protection internationale lors de sa retenue administrative, avant de faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et sont entachées d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de 3 ans a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant à sa durée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 août 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de New York relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme Amar-Cid, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 27 août 2024, qui s'est tenue en présence de M. Rion, greffier :
- le rapport de Mme Amar-Cid, magistrate désignée ;
- les observations de Me Sangue, représentant M. C, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ; il soutient, en outre, qu'il peut prétendre à la délivrance d'un titre de séjour de plein droit en application de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que l'arrêté contesté méconnait l'article 3-1 de la convention de New York relative aux droits de l'enfant dès lors qu'il est père d'un enfant français et que la cellule familiale ne pourra se reconstituer au Maroc ;
- les observations de M. C ;
- le préfet des Hauts-de-Seine n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D C, ressortissant marocain né 2 mai 1977, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 7 août 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président. ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :
3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente pour édicter la décision portant obligation de quitter le territoire français, la décision fixant le délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français est le préfet de département et, à Paris, le préfet de police ". Pour l'application de ces dispositions, le préfet du département dans lequel a été constatée l'irrégularité de la situation d'un étranger est compétent pour édicter les décisions précitées. En l'espèce, l'arrêté contesté a été pris le 7 août 2024 alors que M. C était incarcéré au centre pénitentiaire de Nanterre depuis le 31 janvier 2024. L'irrégularité de la situation administrative de l'intéressé ayant ainsi été constatée dans le département des Hauts-de-Seine, le moyen tiré de l'incompétence territoriale de l'auteur de l'arrêté contesté ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, par un arrêté 2 juillet 2024, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture des Hauts-de-Seine, le préfet de ce département a donné à Mme B E, adjointe au chef du bureau des examens spécialisés et de l'éloignement, délégation à l'effet de signer les décisions en litige. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté.
5. En troisième lieu, l'arrêté en litige vise les textes dont il est fait application et expose avec suffisamment de précisions les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. C, dont les éléments sur lesquels le préfet s'est fondé pour l'obliger à quitter le territoire français, pour refuser de lui accorder un délai de départ volontaire et pour fixer le pays de destination, ainsi que pour arrêter, dans son principe et dans sa durée, la décision d'interdiction de retour sur le territoire français contestée. Dès lors, même si cet arrêté ne mentionne pas tous les éléments caractérisant la situation de M. C, notamment la circonstance qu'il soit le père d'un enfant français, il comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de chacune des décisions attaquées et permet ainsi au requérant d'en contester utilement le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de son insuffisante motivation ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus de délai de départ volontaire :
6. En premier lieu, le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français et les décisions liées, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Il résulte toutefois de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne, notamment de son arrêt C-383/13 M. A, N. R./Staatssecretaris van Veiligheid en Justitie du 10 septembre 2013, que toute irrégularité dans l'exercice des droits de la défense lors d'une procédure administrative concernant un ressortissant d'un pays tiers en vue de son éloignement ne saurait constituer une violation de ces droits et, en conséquence, que tout manquement, notamment, au droit d'être entendu n'est pas de nature à entacher systématiquement d'illégalité la décision prise. Il revient à l'intéressé d'établir devant le juge chargé d'apprécier la légalité de cette décision que les éléments qu'il n'a pas pu présenter à l'administration auraient pu influer sur le sens de cette décision et il appartient au juge saisi d'une telle demande de vérifier, lorsqu'il estime être en présence d'une irrégularité affectant le droit d'être entendu, si, eu égard à l'ensemble des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, cette violation a effectivement privé celui qui l'invoque de la possibilité de mieux faire valoir sa défense dans une mesure telle que cette procédure administrative aurait pu aboutir à un résultat différent.
7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que si M. C a été invité à présenter des observations, ce n'est que postérieurement à l'édiction de l'arrêté contesté et que sur l'éventualité d'une exécution d'office à destination du Maroc de la mesure d'éloignement qui lui a été notifiée concomitamment. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que les éléments que M. C aurait pu avancer, relatifs à la durée de sa présence en France, à sa qualité de père d'un enfant français et à la présence de l'ensemble de sa famille sur le territoire français, auraient pu influer sur le contenu des décisions contestées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit à être entendu ne peut qu'être écarté.
8. En deuxième lieu, si M. C soutient qu'il n'a pas été informé des modalités d'introduction d'une demande de protection internationale avant de faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, il n'invoque aucun texte que cette absence d'information aurait méconnu. Au surplus, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait manifesté sa volonté de déposer une demande d'asile ni qu'il aurait entamé la moindre démarche en ce sens alors qu'il soutient lui-même résider en France depuis l'âge de trois mois et n'allègue aucune crainte pour sa sécurité en cas de retour au Maroc. Dès lors, ce moyen ne peut qu'être écarté.
9. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté contesté, ni des pièces du dossier que le préfet des Hauts-de-Seine n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle de M. C au regard des éléments portés à sa connaissance, avant de faire obligation à ce dernier de quitter sans délai le territoire français.
10. En quatrième lieu, d'une part, l'autorité administrative ne saurait légalement prendre une mesure d'éloignement à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour. Lorsque la loi ou un accord international prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure d'éloignement.
11. D'autre part, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Aux termes de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ".
12. M. C fait valoir qu'il vit depuis l'âge de 3 mois en France où résident ses parents, titulaires d'une carte de résident, ainsi que ses trois frères et sœurs, de nationalité française, qu'il est le père d'un enfant français et qu'il est dépourvu de toute attache familiale au Maroc. Il est toutefois constant que M. C a été condamné par un jugement du 22 juin 2023 du tribunal judiciaire de Caen à une peine de 18 mois d'emprisonnement pour des faits, commis en récidive, de violence avec usage ou menace d'une arme sans incapacité et de vol avec destruction ou dégradation et incarcéré à ce titre jusqu'à la date de l'arrêté contesté. Il ressort également des pièces du dossier que M. C a été mis en cause entre 1989 et 2023 pour de nombreux faits délictuels dont il ne conteste pas la matérialité, notamment des faits de violence, de vol avec arme, d'enlèvement ou séquestration, de recel de bien provenant d'un vol, de délit de fuite après un accident par conducteur d'un véhicule terrestre et d'usage, détention, acquisition, transport, offre ou cession non autorisée de stupéfiant et qu'il avait déjà été incarcéré du 4 décembre 2018 au 7 novembre 2019. Par ailleurs, s'il est constant qu'il est le père d'un enfant français né le 9 octobre 2006, il se borne à produire, pour justifier de la nature des liens qu'il entretient avec ce dernier, une attestation rédigée par la mère de son fils indiquant, sans plus de précisions, qu'il le " voit régulièrement ". Enfin, M. C, âgé de 47 ans, ne justifie d'aucune insertion professionnelle durable et significative en France. Dans ces conditions, même si ses parents et sa fratrie résident en France et qu'il est dépourvu de toute attache au Maroc, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé peut prétendre à la délivrance d'un titre de séjour en application des dispositions citées au point précédent et qu'il ne peut, de ce fait, faire l'objet d'une mesure d'éloignement.
13. En cinquième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point précédent, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 3-1 de la convention de New York relative aux droits de l'enfant et de l'erreur manifeste d'appréciation ne peuvent qu'être écartés.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
14. Aux termes des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
15. Compte tenu de la durée maximale fixée par les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des éléments mentionnés au point 12, notamment la menace pour l'ordre public que représente la présence de M. C sur le territoire français, l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à son encontre n'est, nonobstant la durée de la présence en France de l'intéressé et ses attaches familiales sur le territoire français, ni entachée d'erreur d'appréciation quant à sa durée fixée à trois ans, ni prise en méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention de New York relative aux droits de l'enfant. Ces moyens doivent, dès lors, être écartés.
16. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté en date du 7 août 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. C est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au préfet des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 août 2024.
La magistrate désignée,
signé
J. Amar-CidLe greffier,
signé
T. Rion
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N° 2405015
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
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03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026