LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2407241

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2407241

lundi 2 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2407241
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduites à la frontière

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Versailles a rejeté la requête de M. A, un ressortissant marocain, qui contestait un arrêté du préfet de la Seine-Maritime l'obligeant à quitter le territoire français sans délai et lui interdisant le retour pour deux ans. Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence et de défaut de motivation, jugeant l'arrêté suffisamment motivé en droit et en fait. Il a également rejeté l'argument tiré de l'autorité de la chose jugée d'un précédent jugement du tribunal administratif de Paris, faute d'identité de parties et d'objet. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de M. A, sur le fondement des articles L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 août 2024, M. C A, représenté par Me Bertrand, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 11 août 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné en cas d'exécution d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre à titre principal au préfet territorialement compétent de lui délivrer une carte de séjour temporaire ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

Il soutient que :

-l'arrêté attaqué a été pris par un auteur incompétent ;

-il est entaché d'un défaut de motivation ;

-les décisions portant obligation de quitter le territoire français et refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire sont entachées d'une erreur de droit dès lors que, par un jugement du 13 juin 2024, le tribunal administratif de Paris a annulé le refus implicite de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et enjoint au préfet compétent de réexaminer sa demande et de lui délivrer en l'attente une autorisation provisoire de séjour ; le préfet de la Seine-Maritime ne pouvait donc l'obliger à quitter le territoire français alors que l'injonction précitée n'avait pas été exécutée ;

-elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;

-la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire ;

-elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Le préfet de la Seine-Maritime a versé des pièces au dossier, enregistrées le 22 août 2024 et communiquées, et produit un mémoire en défense le 18 novembre 2024, postérieurement à la clôture d'instruction, qui n'a pas été communiqué.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 18 novembre 2024 en présence de M. Rion, greffier d'audience ;

- le rapport de M. Hecht, premier conseiller,

- et les observations de Me Bertrand, représentant M. A,

- le préfet de la Seine-Maritime n'étant ni présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A ressortissant marocain né le 23 janvier 1999, déclare être entré en France en 2017. Il a été interpellé le 10 août 2024 par les services de police et placé en garde à vue pour des faits de vol en réunion précédés de dégradations. Par un arrêté du 11 août 2024, le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné en cas d'exécution d'office et lui a interdit de retourner sur le territoire pour une durée de deux ans. Par sa requête, il demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. B, directeur de cabinet du préfet de la Seine-Maritime, en vertu de la délégation de signature que lui a accordée le préfet par arrêté n° 24-014 du 12 mars 2024, régulièrement publié le même jour. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision manque donc en fait.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. À cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ".

4. La décision attaquée vise les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, du code des relations entre le public et l'administration, ainsi que les conventions internationales pertinentes. Elle est ainsi suffisamment motivée en droit. Par ailleurs, elle détaille que le parcours de M. A, comporte des considérations relatives à sa situation personnelle et familiale, et expose les motifs sur lesquels s'est fondé le préfet. Elle est ainsi suffisamment motivée en fait. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que, par un jugement du 13 juin 2024, le tribunal administratif de Paris a annulé la décision née du silence gardé par le préfet de police sur la demande de M. A tendant à la délivrance d'un titre de séjour mention " salarié " et a enjoint au préfet de police de réexaminer sa demande dans un délai de deux mois et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour. Toutefois, il est constant qu'il n'y a autorité de la chose jugée que si le nouveau procès se déroule entre les mêmes parties, pour le même objet et sur la base de la même cause juridique. En l'occurrence, trois éléments sont nécessaires : l'identité de parties, l'identité d'objet, l'identité de cause. Si l'une de ces identités manque, il s'agit alors d'un nouveau procès et le juge peut prendre une position différente.

6. En l'espèce, le recours de M. A, enregistré le 7 mai 2023, était dirigé contre un refus implicite de délivrance de titre de séjour et non une obligation de quitter le territoire, la décision contestée avait été prise par le préfet de police et non le préfet de la Seine-Maritime, et si l'annulation du refus implicite du préfet de police était fondée sur le défaut de motivation, à la suite d'une demande de communication des motifs restée sans réponse, les décisions litigieuses ont été prises sur le fondement de l'article L. 611-1 du code de l'entrée du séjour des étrangers. Il s'ensuit qu'en l'espèce il n'y a ni identité de cause, ni identité de parties. Par suite, le requérant ne peut évoquer l'autorité de la chose jugée pour demander l'annulation de l'obligation de quitter le territoire dont il fait l'objet.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée du séjour des étrangers : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () ".

8. Si M. A soutient qu'il était convoqué à la préfecture des Yvelines le 28 août 2024 pour un réexamen de sa situation administrative, ainsi qu'il ressort de la convocation qu'il verse à l'instance ainsi que du récépissé de demande de carte de séjour en date du 28 août 2024, valable jusqu'au 27 février 2025, toutefois il ne ressort pas des pièces du dossier, et il n'est pas même allégué, qu'il détenait un titre de séjour à la date de la décision attaquée, le 11 août 2024, non plus au demeurant qu'il ne justifie de son entrée régulière sur le territoire national. Par suite, le préfet n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 611-1 précité.

9. En cinquième lieu, M. A se prévaut d'une durée de présence en France depuis 2017, de l'exercice d'une activité professionnelle de manière continue depuis son arrivée en France et d'une demande d'autorisation de travail adressé par la société Leader Interim. Toutefois, il ressort des pièces produites que l'intéressé a occupé différents emplois dans le domaine de la construction, notamment en qualité de ferrailleurs et de chef d'équipe sur chantier pour différentes entreprises de travail temporaire entre décembre 2019 et juin 2024, dans le cadre de très courts contrats à durée déterminée sans pour autant qu'il ne soit justifié d'une permanence d'emploi auprès d'un employeur. Il ne justifie en outre d'aucune période de travail, ne serait-ce qu'à temps partiel, pour l'année 2022. Ainsi, M. A ne justifie pas d'une expérience professionnelle particulière et notable en France et le seul fait de produire une attestation d'employeur reconnaissant ses qualités professionnelles et humaines, ainsi que le formulaire Cerfa rempli par l'entreprise auteure de cette attestation, ne saurait constituer un motif exceptionnel de régularisation au regard de son insertion sociale en France. Enfin, et au surplus, il est constant que M. A est célibataire et sans enfant, tandis qu'il ne démontre pas ne plus avoir d'attaches familiales dans son pays d'origine, le Maroc, où il a vécu au moins jusqu'à l'âge de 28 ans. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'insertion socio-professionnelle de M. A en France n'est pas fondé.

En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :

10. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée du séjour des étrangers : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Aux termes de son article L. 612-3 : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () ".

11. Il résulte des termes mêmes de la décision attaquée que le préfet s'est fondé sur les dispositions précitées du 3° de l'article L. 612-2 et du 1° de l'article L. 612-3 pour considérer que M. A risquait de se soustraire à la décision portant obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre dès lors que, s'il déclarait avoir déposé un dossier de demande de titre auprès de la préfecture des Yvelines, toutefois les recherches effectuées n'avaient pas pu corroboré ses dires.

12. Il ressort des pièces du dossier que, par un courriel du 31 juillet 2024, antérieur à la décision attaquée en date du 11 août 2024, la préfecture des Yvelines a convoqué M. A à un rendez-vous en vue de l'examen de sa demande de titre de séjour, le 28 août 2024. Ainsi, le requérant est fondé à soutenir que le préfet a méconnu les dispositions susmentionnées.

13. Par suite, la décision refusant le délai de départ volontaire doit être annulée, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés à l'encontre de cette décision.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

14. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. "

15. Il résulte de ce qui a été dit au point 13 que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, qui se fonde sur la décision refusant un délai de départ volontaire, doit être annulée, par voie de conséquence, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés à l'encontre de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

16. Le présent jugement, qui annule les décisions refusant un délai de départ volontaire et portant interdiction de retour sur le territoire français, n'implique pas de prononcer d'injonction à l'endroit de l'administration.

Sur les frais d'instance :

17. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par le requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Les décisions refusant un délai de départ volontaire et portant interdiction de retour sur le territoire français, sont annulées.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de la Seine-Maritime.

Délibéré après l'audience du 18 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Ouardes, président,

Mme Marc, première conseillère,

M. Hecht, premier conseiller

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2024.

Le rapporteur,

signé

S. Hecht

Le président,

signé

P. Ouardes

Le greffier,

signé

T. Rion

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions