mardi 3 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2407244 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre - 4/11u |
| Avocat requérant | SELARL CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 août 2024, M. A D, actuellement retenu au centre de rétention administrative de Palaiseau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 août 2024 par lequel le préfet de Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office, lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de 12 mois en l'informant de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
2°) d'enjoindre au préfet de Seine-Saint-Denis de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de réexaminer sa situation.
Il soutient que :
Sur les moyens communs à l'ensemble des décisions :
- l'arrêté attaqué est signé par une autorité incompétente ;
- il est entaché d'un défaut de motivation et d'examen sérieux et complet de sa situation ;
- il méconnait son droit à être entendu ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine ;
Sur la décision fixant le pays de renvoi en cas d'exécution d'office :
- elle est illégale dès lors qu'elle se fonde sur une décision d'éloignement elle-même illégale ;
- elle méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Sur la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- elle est illégale dès lors qu'elle se fonde sur une décision d'éloignement elle-même illégale ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il n'existe aucun risque qu'il se soustrait à la décision ;
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale dès lors qu'elle se fonde sur une décision d'éloignement elle-même illégale ;
- elle méconnait l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle et l'existence de circonstances humanitaires.
La requête a été communiquée au préfet de Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit de mémoire en défense mais qui a versé le 24 août 2024, des pièces au dossier.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme Marc pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 921-1, L. 921-2, L. 921-4 et L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 3 septembre 2024 qui s'est tenue en présence de M. Ileboudo, greffier :
- le rapport de Mme Marc,
- les observations de Me Boiardi représentant M. D, présent, assisté par Mme B, interprète en langue arabe, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens et qui déclare en outre, que l'état de santé de M. D, qui n'a pas été pris en compte par le préfet, l'a empêché d'être mis à même de présenter ses observations, enfreignant son droit à être entendu ;
- les observations de Me Doucet représentant le préfet de Seine-Saint-Denis, qui persiste dans ses précédentes écritures et qui conclut au rejet de la requête.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A D, ressortissant libyen, né le 16 décembre 1986, est entré sur le territoire français en novembre 2023, selon ses déclarations. Par un arrêté du 21 août 2024, le préfet de Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office, lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de 12 mois en l'informant de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. Par ailleurs, par un arrêté du 21 août 2024, le préfet de Seine-Saint-Denis a ordonné le placement en centre de rétention administrative de M. D. Ce placement a été prolongé pour une durée de vingt-huit jours par une ordonnance du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire d'Evry du 28 août 2024.
En ce qui concerne les moyens communs à toutes les décisions :
2. En premier lieu, par arrêté n° 2024-1329 du 3 mai 2024 régulièrement publié, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation à Mme C E, cheffe du bureau de l'éloignement de la préfecture, à l'effet de signer toutes décisions portant obligation de quitter le territoire français avec fixation d'un pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées manque ainsi en fait et doit, par suite, être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquelles elle se fonde, mentionne les éléments relatifs à la situation personnelle de M. D tels que son entrée et les modalités de son séjour en France, les circonstances de son interpellation et la circonstance que ce dernier déclare exercer une activité professionnelle, et souligne que l'intéressé n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine ou dans son pays de résidence habituelle dans lequel il est légalement admissible. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des pièces versées au dossier, ni des débats à l'audience que le préfet de la Seine-Saint-Denis n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de sa situation personnelle doit être écarté.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; / () ". Il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que les stipulations de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne s'adressent non pas aux États membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Dès lors, le moyen tiré de leur violation par une autorité d'un État membre est inopérant.
6. Toutefois, le droit d'être entendu, qui fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union, implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Ce droit ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.
7. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du procès-verbal dressé par les services de police le 21 août 2024, que M. D a été mis en mesure de présenter des observations sur sa situation personnelle, familiale et professionnelle avant que ne soit pris l'arrêté attaqué. Il a admis ne pas être en situation régulière à cette occasion. Il n'établit pas qu'il disposait d'informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance de l'administration, avant que ne soit pris l'arrêté attaqué et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient été de nature à faire obstacle à celui-ci. En outre, si M. D soutient que, lors de son audition du 21 août 2024, les agents des services de police ne l'ont pas informé qu'une mesure d'éloignement pouvait être prise à son encontre, il ressort du procès-verbal de l'audition que M. D a été interrogé sur sa volonté à bénéficier de l'aide au retour volontaire et sur son choix de pays de destination dans le cadre de sa reconduite. De plus, si M. D soutient que la ou les pathologies psychiatriques dont il souffre n'ont pas été prises en compte par les services de police et l'ont empêché d'être mis à même de présenter ses observations, le requérant n'assortit ses allégations d'aucune pièce justifiant que son état de santé l'aurait empêché d'émettre ses observations, alors que ce dernier a bénéficié d'un examen médical le 21 août 2024 lors de son placement en garde à vue. Dès lors, le moyen tiré de ce que le préfet de Seine-Saint-Denis aurait méconnu son droit d'être entendu, tel que garanti par le principe général du droit de l'Union européenne, doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
8. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".
9. Si le requérant soutient que la décision contestée est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des stipulations précitées au motif qu'il craint d'être persécuté en cas de retour dans son pays d'origine et qu'il a fui le Lybie en raison de l'insécurité qui y règne et du manque de protection, il n'apporte aucun commencement de preuve ou précision de nature à établir la réalité de risques personnels et actuels encourus dans son pays d'origine. Par suite, le moyen, qui n'est d'ailleurs opérant qu'à l'égard de la décision fixant le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné, doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
10. En premier lieu, le requérant ne démontrant pas l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, il n'est pas fondé à demander, pour ce motif, l'annulation de la décision fixant le pays de destination, qui se fonde sur cette décision. Cette exception d'illégalité doit, dès lors, être écartée.
11. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. " Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui reprend le dernier alinéa de l'article L. 513-2 du même code : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".
12. Il ressort de ce qui a été dit aux points 8 et 9 que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions précitées de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
En ce qui concerne la décision refusant un délai de départ volontaire :
13. En premier lieu, le requérant ne démontrant pas l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, il n'est pas fondé à demander, pour ce motif, l'annulation de la décision lui refusant un délai de départ volontaire, qui se fonde sur cette décision. Cette exception d'illégalité doit, dès lors, être écartée.
14. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3o Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Et aux termes de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le risque mentionné au 3o de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; () ".
15. Il ressort des pièces du dossier que M. D n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour depuis son arrivée en France, comme il l'a affirmé lui-même pendant son audition du 21 août 2024. L'intéressé a, en outre, déclaré lors de cette audition, ne pas souhaiter retourner en Lybie dans le cas où une décision d'éloignement serait prise à son encontre. Dès lors, en l'absence de circonstances particulières de nature à y faire obstacle, il y a lieu de regarder comme établi le risque que M. D se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français. Dans ces conditions, le préfet de Seine-Saint-Denis pouvait, sans commettre une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, refuser de lui accorder un délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation ne peut être qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
16. En premier lieu, le requérant ne démontrant pas l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, il n'est pas fondé à demander, pour ce motif, l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de 12 mois, qui se fonde sur cette décision. Cette exception d'illégalité doit, dès lors, être écartée.
17. Aux termes, en second lieu, de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français (). ". Enfin, l'article L. 613-2 du même code dispose que : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ".
18. Il résulte de ces dispositions que lorsque le préfet fait obligation à un ressortissant étranger de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, il lui appartient d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée maximale de cinq ans, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. En l'absence de telles circonstances, seule la durée de l'interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés au premier alinéa de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
19. D'une part, pour justifier la mesure d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de 12 mois, le préfet de Seine-Saint-Denis fait état dans l'arrêté litigieux des conditions d'entrée et de séjour de M. D, ainsi que de sa situation personnelle, professionnelle et familiale. Contrairement à ce que soutient le requérant, il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué que le préfet de Seine-Saint-Denis a exposé de manière suffisamment motivée les quatre critères énumérés au premier alinéa de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour fixer la durée de l'interdiction de retour prononcée à son encontre.
20. D'autre part, aucune des circonstances invoquées par M. D et rappelées au point 9 du présent jugement ne caractérise une circonstance humanitaire susceptible de justifier que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai ne soit pas assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français. En outre, ainsi que cela a été dit, il ne justifie par aucun élément les affections dont il souffrirait. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit et l'erreur d'appréciation doivent être écartés.
21. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 21 août 2024 du préfet de Seine-Saint-Denis. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au préfet de Seine-Saint-Denis.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 septembre 2024.
La magistrate désignée,
Signé
E. Marc Le greffier,
Signé
J. Ileboudo
La République mande et ordonne au préfet de Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
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03/08/2026