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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2407245

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2407245

vendredi 6 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2407245
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête de M. B, qui contestait le refus de France Travail de l'inscrire rétroactivement sur la liste des demandeurs d'emploi au 1er juin 2023. Le requérant invoquait des difficultés avec son ancien employeur pour obtenir une attestation, mais le tribunal a jugé ce moyen inopérant. En application des articles L. 5411-1 et R. 5411-2 du code du travail, l'inscription sur la liste des demandeurs d'emploi ne peut avoir de caractère rétroactif, et l'attestation litigieuse n'est pas requise pour cette inscription. La requête a donc été rejetée par ordonnance sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n°2404621 du 22 août 2024, le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a transmis au tribunal administratif de Versailles la requête présentée par M. A B enregistrée le 28 mars 2024.

Par cette requête enregistrée au tribunal administratif de Versailles le 22 août 2024, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 1er février 2024 par laquelle le directeur de l'agence France Travail Ile-de-France a rejeté sa demande d'inscription rétroactive sur la liste des demandeurs d'emploi à compter du 1er juin 2023.

Il soutient qu'il a eu des difficultés à obtenir son attestation Pôle emploi auprès de son ancien employeur, ce qui a compliqué ses démarches d'inscription depuis son licenciement ; il doit être pris en charge de manière rétroactive à compter d'un délai de sept jours après la date de cessation de son contrat de travail.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code du travail ;

- l'arrêté du 14 octobre 2015 relatif à l'inscription sur la liste des demandeurs d'emploi ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Maitre, premier conseiller, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative pour statuer selon la procédure prévue par cet article.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () ".

2. Aux termes de l'article L. 5411-1 du code du travail : " A la qualité de demandeur d'emploi toute personne qui recherche un emploi et demande son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi auprès de Pôle emploi ". Aux termes de l'article R. 5411-2 du même code : " L'inscription sur la liste des demandeurs d'emploi est faite par voie électronique auprès de l'opérateur France Travail. Le travailleur recherchant un emploi qui demande son inscription déclare sa domiciliation et transmet les informations permettant de procéder à son identification. A défaut de parvenir à s'inscrire lui-même par voie électronique, le travailleur recherchant un emploi peut procéder à cette inscription dans les services de l'opérateur France Travail, également par voie électronique, et bénéficier le cas échéant de l'assistance du personnel de l'opérateur France Travail. Les modalités d'application du présent article sont déterminées par un arrêté du ministre chargé de l'emploi. ". Les dispositions du code du travail qui soumettent le travailleur inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi tenue par Pôle emploi, devenu France Travail, à des obligations telles que, notamment, le renouvellement de la demande d'inscription, l'acceptation d'emploi ou d'action de formation proposés, ou la réponse à des convocations, font obstacle à ce que cette inscription ait un caractère rétroactif.

3. Il résulte de l'instruction que si M. B a été licencié le 31 mai 2023 et se trouvait donc sans emploi à compter de cette date, il ne s'est inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi que le 28 novembre 2023, en sollicitant l'application rétroactive de cette inscription au 1er juin 2023. Au soutien de sa requête, M. B se borne à faire état des difficultés rencontrées avec son ancien employeur pour obtenir l'attestation prévue aux articles R. 1234-9 et suivants du code du travail, ce qui l'a amené à devoir saisir le bureau de conciliation du conseil des prud'hommes. Toutefois, ainsi qu'il résulte de l'article R. 5411-2 du code du travail et de l'arrêté du 14 octobre 2015 pris pour son application, cette attestation n'est pas requise pour s'inscrire sur la liste des demandeurs d'emploi. Par suite, le seul moyen de la requête étant inopérant, il y a lieu de la rejeter selon la procédure prévue à l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B.

Fait à Versailles, le 6 septembre 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

B. Maitre

La République mande et ordonne au ministre chargé du travail, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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