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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2407312

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2407312

vendredi 13 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2407312
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision du 25 juin 2024 par laquelle le Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a refusé à M. A la délivrance d’un agrément dirigeant. Le juge a estimé qu’aucun des moyens soulevés, notamment l’incompétence du signataire, l’erreur de droit liée à l’effacement de la condamnation et l’erreur d’appréciation, n’était propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. La requête a donc été rejetée dans son intégralité, y compris les conclusions à fin d’injonction et celles fondées sur l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 25 août et le 6 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Dufaud, demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article L 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision en date du 25 juin 2024 par laquelle le directeur du conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) lui a refusé la délivrance d'un agrément dirigeant ;

2°) d'enjoindre au CNAPS de réexaminer sa demande d'agrément dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision en litige préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation ; qu'il a quitté son précédent poste dans le but de créer son entreprise de sécurité privée et du fait du refus de son agrément dirigeant il lui est impossible de réaliser son projet ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige ; elle est entachée d'incompétence ; elle est entachée d'erreur de droit dès lors que sa condamnation a fait l'objet d'une procédure d'effacement ; elle est entachée d'une erreur d'appréciation eu égard aux circonstances dans lesquelles ont été commis les faits qui lui sont reprochés ainsi que la date de leur commission.

Par un mémoire enregistré le 9 septembre 2024, le CNAPS conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- il n'y a pas d'urgence à suspendre la décision en litige dès lors d'une part que le requérant s'est lui-même placé dans cette situation et que, d'autre part, il s'est maintenu dans cette situation durant quasiment une année ;

- il n'y a pas de doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée ; son signataire dispose d'une délégation de signature publiée sur le site internet de l'établissement ; eu égard à la condamnation du requérant à une peine correctionnelle de six mois d'emprisonnement avec sursis et à l'obligation d'effectuer un stage de citoyenneté pour des faits de violence suivie d'une incapacité supérieure à huit jours, qui sont manifestement incompatibles avec l'exercice d'une mission privée de sécurité et pouvaient être pris en compte nonobstant l'effacement de la condamnation au bulletin n°2 du casier judiciaire, la décision en litige n'est entachée ni d'erreur de droit ni d'erreur manifeste d'appréciation d'autant que la demande d'agrément dirigeant est soumise à des conditions de délivrance plus encadrées et que les faits datent de trois ans et sont donc récents.

Vu :

- La requête au fond par laquelle M. A demande l'annulation de la décision en litige ;

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Ouardes, vice-président, pour statuer en qualité de juge des référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 10 septembre 2024 à 14h, en présence de Mme Laforge, greffière d'audience, M. Ouardes a lu son rapport son rapport et entendu :

- les observations de Me Dufaud, représentant le requérant absent, qui conclut aux mêmes fins que la requêtes par les mêmes moyens qu'elle précise ;

- le CNAPS n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l'exécution de la décision en date du 25 juin 2024 par laquelle le directeur du conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) lui a refusé la délivrance d'un agrément dirigeant.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. "

3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige. Il suit de là que la requête de M. A ne peut qu'être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E:

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la directrice du conseil national des activités privées de sécurité.

Fait à Versailles, le 13 septembre 2024,

Le juge des référés, La greffière,

signésigné

P. Ouardes C. Laforge

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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