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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2407314

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2407314

mercredi 28 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2407314
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête en référé suspension de M. Olivier Vagneux, conseiller municipal, qui contestait la décision implicite du maire de Savigny-sur-Orge de ne pas soumettre au conseil municipal l’ouverture d’une annexe de l’école Aimée-Leclerc. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’invoquant aucune atteinte grave et immédiate à un intérêt public ou à ses propres intérêts, mais seulement un motif d’urgence temporelle lié à la rentrée scolaire. La demande a donc été rejetée sans examen du doute sérieux sur la légalité de la décision, sur le fondement des articles L. 521-1 et L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 août 2024, M. Olivier Vagneux demande au juge des référés :

1°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision implicite par laquelle le maire de la commune de Savigny-sur-Orge a refusé de faire délibérer le conseil municipal sur l'implantation et l'ouverture de l'annexe de l'école Aimée-Leclerc et sur l'affectation de ces locaux, jusqu'à ce qu'il en soit statué sur le fond ;

2°) de suspendre l'ouverture de l'annexe de l'école jusqu'à ce que le conseil municipal de Savigny-sur-Orge ait délibéré sur l'affectation de ses locaux, son implantation et son ouverture ;

3°) d'enjoindre au maire de Savigny-sur-Orge de faire délibérer le conseil municipal d'ici le lundi 2 septembre 2024, sous astreinte de 150 euros par jour de retard.

Il soutient que :

Sur la condition d'urgence :

- l'urgence est temporelle et tient à la nécessité d'intervenir pour régulariser la situation avant la rentrée scolaire qui est prévue le 2 septembre 2024 ; il a dû en outre attendre de recevoir l'ordre du jour de la séance du 27 juin 2024 pour soumettre une mise en demeure préalable au maire qu'il a choisie de négliger ;

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 212-1 du code de l'éducation et L. 2121-29 et L. 2121-30 du code général des collectivités territoriales dès lors que le conseil municipal est seul compétent pour décider de l'implantation de nouvelles écoles et classes élémentaires et de l'affectation de locaux dont la commune est propriétaire au service public de l'éducation et qu'il ne peut agir sans avoir reçu l'avis préalable du représentant de l'Etat.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Degorce, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Le maire de la commune de Savigny-sur-Orge a décidé d'ouvrir une annexe à l'école Aimée-Leclerc dans les locaux de l'ancienne école Champagne, situés à 350 mètres, afin d'y accueillir les deux classes de CP et la classe de CE1. Considérant que cette décision relevait de la compétence du conseil municipal et nécessitait en outre l'avis du préfet, M. Olivier Vagneux, conseiller municipal, a mis en demeure le maire de Savigny-sur-Orge de consulter préalablement le conseil municipal. Du silence gardé par le maire est née une décision implicite de rejet dont M. A demande au juge des référés la suspension de l'exécution.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut rejeter une requête par une ordonnance motivée, sans instruction contradictoire ni audience publique, lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée. Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'une décision administrative lorsque l'exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

4. Pour justifier la condition d'urgence à suspendre la décision en litige, M. A se borne à soutenir que l'urgence, en l'espèce, est temporelle et tient à la nécessité d'intervenir pour régulariser la situation avant la rentrée scolaire prévue le 2 septembre 2024 mais n'invoque aucune atteinte portée, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à sa situation ou à un intérêt qu'il entend défendre. Il suit de là que la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie.

5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux, que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions sans que, par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, il y ait lieu d'engager une procédure contradictoire ni de tenir une audience.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. Olivier Vagneux.

Fait à Versailles, le 28 août 2024.

La juge des référés,

signé

Ch. Degorce

La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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