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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2407341

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2407341

mardi 12 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2407341
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal administratif de Versailles, rendue sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, fait droit à la requête de Mme A, reconnue prioritaire et devant être logée d'urgence par la commission de médiation de l'Essonne le 13 décembre 2023. Le juge constate qu'aucune offre de logement adaptée n'a été proposée dans le délai légal de six mois, malgré une proposition en cours non justifiée. Il enjoint à la préfète de l'Essonne de présenter une offre effective de logement sous astreinte de 500 euros par mois de retard, payable au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 août 2024, Mme B A demande au tribunal d'enjoindre à la préfète de l'Essonne, sur le fondement du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, de lui proposer un logement répondant à ses besoins et capacités sous astreinte.

Elle soutient que :

- sa demande de logement a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation de l'Essonne le 13 décembre 2023 ;

- aucune proposition de logement ne lui a été faite alors que sa situation n'a pas changé.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 septembre 2024, la préfète de l'Essonne demande au tribunal du sursoir à statuer, une proposition de logement de type F3 à Savigny-sur-Orge ayant été faite à la requérante le 26 août 2024.

Vu :

- la décision de la commission de médiation de l'Essonne du 13 décembre 2023 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Rollet-Perraud, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur l'injonction :

1. Aux termes de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation : " I - Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. / () Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne statue en urgence, dans un délai de deux mois à compter de sa saisine. Sauf renvoi à une formation collégiale, l'audience se déroule sans conclusions du commissaire du Gouvernement. / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'Etat et peut assortir son injonction d'une astreinte. Pour les seuls jugements prononcés après le 1er janvier 2016, le jugement prononçant l'astreinte mentionne que les sommes doivent être versées jusqu'au jugement de liquidation définitive. / Lorsqu'il est manifeste, au vu de la situation du demandeur, que son logement ou relogement doit être ordonné, le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné peut y procéder par ordonnance, après avoir mis le représentant de l'Etat en mesure de présenter ses observations en défense et clôturé l'instruction. / Le produit de l'astreinte est versé au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement, institué en application de l'article L. 300-2. / ()".

2. Lors de sa séance du 13 décembre 2023, la commission de médiation de l'Essonne a reconnu Mme A comme prioritaire et devant être logée d'urgence. Si par un mémoire en défense enregistré le 3 septembre 2024, la préfète de l'Essonne a demandé au tribunal du surseoir à statuer au motif qu'une proposition de logement de type F3 à Savigny-sur-Orge serait en cours au bénéfice de la requérante depuis le 26 août 2024, une commission d'attribution étant prévue le 26 septembre 2024, elle ne produit à l'instance aucune pièce relative aux suites données, depuis la date du 3 septembre 2024, à la demande de Mme A. Le délai de six mois imparti à la préfète de l'Essonne par les dispositions précitées de l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation est expiré sans qu'un logement adapté à ses besoins et capacités n'ait été proposé à l'intéressée. Il résulte de l'instruction que le prononcé d'une injonction s'impose manifestement au vu de la situation de la requérante. Il convient, par suite, d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de présenter à Mme A une offre effective de logement répondant à ses besoins et à ses capacités.

3. Dans les circonstances de l'espèce, en tenant compte notamment de la composition de la famille, il y a lieu, sur le fondement des dispositions de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, d'assortir d'office cette injonction d'une astreinte de 500 euros par mois complet de retard à compter du premier jour du second mois suivant la mise à disposition de la présente décision. Tant que la liquidation définitive de l'astreinte ne sera pas intervenue, la préfète de l'Essonne versera spontanément l'astreinte au fonds dès qu'elle sera due pour une période de six mois, deux fois par an, en application des dispositions de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. En vue de permettre la liquidation définitive de l'astreinte, il appartient à la préfète de l'Essonne de justifier auprès du tribunal de l'exécution totale de l'injonction prononcée ci-dessus ou d'une cause d'inexécution.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint à la préfète de l'Essonne de présenter à Mme A une offre effective de logement répondant à ses besoins et à ses capacités sous astreinte destinée au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement de 500 euros par mois entier de retard à compter du premier jour du second mois suivant la mise à disposition de la présente décision.

Article 2 : Les sommes dues en exécution de l'article 1er ci-dessus doivent être versées jusqu'à l'ordonnance de liquidation définitive. Lorsque la préfète de l'Essonne estimera avoir exécuté l'injonction, il lui appartiendra de demander au juge de constater cette exécution et de procéder en conséquence à une liquidation définitive de l'astreinte.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, à la ministre du logement et de la rénovation urbaine et à la préfète de l'Essonne.

Fait à Versailles, le 12 novembre 2024.

La magistrate désignée,

Signé

C. Rollet-Perraud

La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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