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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2407346

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2407346

mardi 10 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2407346
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a été saisi par Mme B, ressortissante guinéenne bénéficiaire de la protection subsidiaire, d’une demande de suspension de la décision implicite de refus de délivrance de sa carte de résident. La requérante s’est désistée de ses conclusions après avoir reçu une attestation de prolongation d’instruction de la part de la préfète de l’Essonne. Le juge des référés a donné acte de ce désistement et a rejeté les conclusions relatives aux frais d’instance. La décision se fonde sur les articles L. 521-1 du code de justice administrative et L. 424-13 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 août 2024, Mme A B, représentée par Me Hug, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre l'exécution de la décision implicite de refus de délivrance de sa carte de résident ;

3°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de réexaminer sa demande de carte de résident dans un délai de quinze jours et de la munir d'une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail le temps de ce réexamen dans un délai de quarante-huit heures, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- elle a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire par décision de la Cour nationale du droit d'asile le 2 novembre 2017, a été mise en possession d'une carte de séjour pluriannuelle valable du 17 janvier 2020 au 16 janvier 2024 ; elle a sollicité la délivrance d'une carte de résident sur le site de l'ANEF le 15 novembre 2023 et a reçu une attestation justifiant son séjour valable du 15 novembre 2023 au 14 mai 2024, puis du 7 mai 2024 au 6 août 2024 ; la condition de l'urgence est remplie en ce qu'elle se trouve en situation irrégulière depuis le 6 août dernier ; l'urgence tient au maintien de sa situation irrégulière et au risque d'interpellation et d'éloignement ; elle élève seule ses trois enfants et n'a pour seule ressource que les allocations versées par la caisse d'allocations familiales qui ne seront plus versées en septembre compte tenu de l'irrégularité de sa situation administrative de sorte qu'elle ne pourra plus payer son loyer et subvenir aux besoins de ses enfants ;

- il y a un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige en ce que l'article L. 424-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été méconnu.

Par un mémoire en défense enregistré le 6 septembre 2024, la préfète de l'Essonne a conclu au non-lieu à statuer en faisant valoir que la requérante a reçu une attestation de prolongation d'instruction.

Par un acte enregistré le 9 septembre 2024, Mme B a déclaré se désister purement et simplement de sa requête mais persiste dans ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 26 août 2024 sous le n° 2407345 par laquelle la requérante demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Fraisseix, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante guinéenne née le 2 mai 1996, a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire par décision de la Cour nationale du droit d'asile le 2 novembre 2017. Elle a alors été mise en possession d'une carte de séjour pluriannuelle valable du 17 janvier 2020 au 16 janvier 2024. Elle a sollicité la délivrance d'une carte de résident sur le site de l'ANEF le 15 novembre 2023 et a reçu une attestation justifiant son séjour valable du 15 novembre 2023 au 14 mai 2024, puis du 7 mai 2024 au 6 août 2024. Par la présente requête, elle demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle la préfète de l'Essonne a refusé de lui délivrer sa carte de résident.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".

3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur le désistement :

4. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : 1° donner acte des désistements () ".

5. Par acte, enregistré le 9 septembre 2024, Mme B a déclaré se désister purement et simplement de ses conclusions tendant à suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle la préfète de l'Essonne lui a refusé la délivrance de sa carte de résident. Rien ne fait obstacle à ce qu'il lui en soit donné acte.

Sur les frais d'instance :

6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme B est admise à titre provisoire à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il est donné acte du désistement d'instance et d'action de Mme B.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée à la préfète de l'Essonne.

Fait à Versailles, le 10 septembre 2024.

Le juge des référés,

signé

P. Fraisseix

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. 2

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