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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2407434

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2407434

mardi 3 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2407434
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a été saisi en référé suspension par un capitaine de police, M. A, admis au concours de commissaire mais se voyant refuser l’agrément définitif par le ministre de l’intérieur en raison de faits disciplinaires. Après l’enregistrement de la requête, le ministre a finalement délivré l’agrément requis. Le juge des référés a constaté que les conclusions à fin de suspension et d’injonction étaient devenues sans objet et a prononcé un non-lieu à statuer, rejetant également la demande de frais d’instance. La décision s’appuie sur les articles L. 521-1, L. 522-3 et R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 août 2024, M. B A, représenté par Me Mougin, demande au juge des référés :

1°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du 9 août 2024 par laquelle le ministre de l'intérieur a refusé de lui délivrer son agrément définitif dans l'intégration du corps de conception et de direction de la police nationale, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité ;

2°) d'enjoindre à l'administration de le rétablir dans l'ensemble de ses droits et avantages dont il aurait été privé par l'effet de la décision et de permettre sans délai son incorporation, le 1er septembre 2024, à l'école nationale supérieure de la police ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire enregistré le 2 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Mougin, conclut au non-lieu à statuer.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Degorce, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, capitaine de police, a été admis aux épreuves du concours interne de commissaire de police au titre de la session 2024 et devait rejoindre, le 2 septembre 2024, l'école nationale supérieure de la police. Son admission était néanmoins subordonnée à l'obtention de l'agrément délivré par le ministre de l'intérieur, prévu par les dispositions de l'article L. 114-1 du code de la sécurité intérieure et l'article 4 du décret n°95-654 du 9 mai 1995. Par décision du 16 juillet 2024, l'agrément de sa candidature à l'emploi de commissaire de police lui a été accordé par le préfet de police. Toutefois, par décision du 9 août 2024, le ministre de l'intérieur l'a informé qu'une enquête disciplinaire avait révélé qu'il avait commis des faits estimés contraires aux exigences requises pour l'accès à l'emploi de commissaire de police et que ces faits ne permettront pas de lui donner l'agrément définitif dans l'intégration du corps de direction et de conception. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

Sur les conclusions à fin de suspension et d'injonction :

3. Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

4. D'autre part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif et () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; () ".

5. Lorsque le juge des référés a estimé, au vu de la requête dont il est saisi, qu'il y avait lieu, non de la rejeter en l'état pour l'un des motifs mentionnés à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, mais d'engager la procédure prévue à l'article L. 522-1 de ce code, il lui incombe de poursuivre cette procédure et, notamment, de tenir une audience publique. Il en va différemment lorsque, après que cette procédure a été engagée, intervient un désistement ou un évènement rendant sans objet la requête. Le juge des référés peut alors, par ordonnance prise sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, et sans tenir d'audience, donner acte du désistement ou constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur la requête.

6. Il résulte de l'instruction que par courrier du 30 août 2024, soit postérieurement à la date d'enregistrement de la requête, le ministre de l'intérieur a finalement délivré à M. A l'agrément requis en vue de son intégration dans le corps de conception et de direction de la police nationale. Ainsi, les conclusions de M. A à fin de suspension et d'injonction sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les frais de l'instance :

7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que M. A demande au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin de suspension et d'injonction de la requête de M. A.

Article 2 : Les conclusions présentées par M. A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Versailles, le 3 septembre 2024.

La juge des référés,

signé

Ch. Degorce

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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