lundi 2 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2407472 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 août 2024, M. B A demande au juge des référés :
1°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du 30 mars 2024 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Essonne l'a invité à déposer une demande de pension de vieillesse et d'allocation de solidarité aux personnes âgées ainsi que la décision du 24 juillet 2024 par laquelle le président du conseil départemental de l'Essonne l'a informé qu'il mettait fin à ses droits à l'allocation de revenu de solidarité active, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité ;
2°) d'ordonner au président du conseil départemental de l'Essonne et à la caisse d'allocation familiales de l'Essonne de le rétablir dans ses droits à partir du mois d'avril 2024, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
Il soutient que :
Sur la condition d'urgence :
- elle est satisfaite dès lors que le revenu de solidarité active constitue sa seule source de revenus ;
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- les décisions attaquées ne lui ont pas été notifiées ;
- elles ne comportent pas la signature de leur auteur ;
- elles sont entachées d'un défaut de motivation en droit ;
- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 262-37 du code de l'action sociale et des familles ;
- elles sont entachées d'une erreur de fait ;
- l'illégalité de la décision du 30 mars 2024 entache d'illégalité la décision du 24 juillet 2024 ;
- la mention des voies et délais de recours est erronée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 26 août 2024 sous le n° 2407337 par laquelle M. B A demande l'annulation des décisions attaquées.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Degorce, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, titulaire de l'allocation de revenu de solidarité active, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 30 mars 2024 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Essonne l'a invité à déposer une demande de pension de vieillesse et d'allocation de solidarité aux personnes âgées ainsi que la décision du 24 juillet 2024 par laquelle le président du conseil départemental de l'Essonne l'a informé qu'il mettait fin à ses droits à l'allocation de revenu de solidarité active.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut rejeter une requête par une ordonnance motivée, sans instruction contradictoire ni audience publique, lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée. Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
3. D'une part, par la décision du 30 mars 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Essonne se borne à informer M. A qu'elle n'a pas reçu la preuve de ce qu'il avait déposé une demande de pension de vieillesse et d'allocation de solidarité aux personnes âgées et l'invite à le faire au plus vite. Cette simple information, qui ne fait pas grief à M. A et qui ne présente aucun caractère décisoire, ne constitue ni ne révèle une décision susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir ni, par voie de conséquence, d'un référé suspension.
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. () ". Aux termes de l'article R. 262-88 du même code : " Le recours administratif préalable mentionné à l'article L. 262-47 est adressé par le bénéficiaire au président du conseil départemental dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision contestée. () ". L'absence de réponse du président du conseil départemental pendant un délai de deux mois équivaut à une décision de rejet du recours préalable obligatoire susceptible d'être déférée au tribunal administratif. Par ailleurs, dès lors que le recours administratif obligatoire a été adressé à l'administration préalablement au dépôt de la demande contentieuse et dans l'hypothèse où, à la date à laquelle le juge administratif statue, aucune décision, expresse ou implicite, se prononçant sur le recours administratif n'a encore été prise par l'administration, le juge ne peut que rejeter cette demande présentée de façon prématurée comme irrecevable.
5. M. A, dans sa requête au fond enregistrée au greffe du tribunal le 26 août 2024 sous le n° 2407337, demande l'annulation de la décision initiale du 24 juillet 2024. Compte tenu de la procédure de recours administratif préalable obligatoire mentionné au point précédent, cette décision ne peut cependant faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir ni, par voie de conséquent, faire l'objet d'un référé-suspension.
6. S'il résulte de l'instruction que M. A a introduit un recours préalable à l'encontre de la décision du 24 juillet 2024, adressé au président du conseil départemental le 31 juillet 2024, à la date d'enregistrement de la présente requête comme à la date de la présente ordonnance, le délai de deux mois laissé au président du conseil départemental de l'Essonne pour se prononcer sur le recours préalable de M. A n'est toutefois pas encore écoulé. En l'absence de toute décision, implicite ou expresse, se prononçant sur le recours administratif de M. A, sa requête est prématurée et, de ce fait, irrecevable.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A est manifestement irrecevable et doit être rejetée en toutes ses conclusions sans que, par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, il y ait lieu d'engager une procédure contradictoire ni de tenir une audience.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Versailles, le 2 septembre 2024
La juge des référés,
signé
Ch. Degorce
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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