lundi 2 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2407473 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 août 2024, M. B demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 24 novembre 2023 par laquelle la directrice de l'Institut d'études judiciaires de l'Université Paris-Saclay l'a déclaré ajourné à l'examen d'entrée du centre régional de formation à la profession d'avocat ;
2°) d'enjoindre, si besoin sous astreinte à l'université Paris-Saclay de délibérer à nouveau sur sa situation, de manière régulière et sur la seule base des résultats d'admissibilité en attendant le jugement au fond du tribunal administratif de Versailles.
Vu les autres pièces du dossier et notamment la requête n° 2400869 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision en litige.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Rollet-Perraud, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, le premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code prévoit que : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
2. Pour l'application des dispositions citées au point 2, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient ainsi au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des éléments fournis par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Dans ce cadre, l'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
3. Il résulte de l'instruction que par une décision du 24 novembre 2023, la directrice de l'Institut d'études judiciaires de l'Université Paris-Saclay a déclaré M. B ajourné à l'examen d'entrée au centre régional de formation à la profession d'avocat. Pour justifier de l'urgence à obtenir la suspension de l'exécution de cette décision, M. B fait valoir que l'inscription en école d'avocat n'intervient qu'une fois par an et que seule l'obtention d'une décision favorable à bref délai lui permettrait de s'inscrire pour l'année en cours et ne pas entraver son projet professionnel. Toutefois, M. B indique dans ses écritures que les inscriptions pour l'année 2024/2025 étaient ouvertes jusqu'au 10 décembre 2023. Par suite, M. B s'est lui-même placé dans une situation d'urgence en ne saisissant le juge de référés que le 29 août 2024 quand bien même il disposerait d'une nouvelle possibilité de se pré-inscrire en école d'avocat à compter du 1er novembre 2024 pour l'année 2025-2026. Par suite, la condition d'urgence n'est pas satisfaite.
4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de M. B en toutes ses conclusions.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Versailles, le 2 septembre 2024.
La juge des référés,
signé
C. Rollet-Perraud
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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