lundi 2 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2407481 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 août 2024, Mme B demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du maire de Houilles rejetant sa demande de place en crèche municipale pour le mois de septembre 2024 ;
2°) d'enjoindre à la commune de Houilles de lui apporter dans les plus brefs délais, une solution de garde pour son enfant afin qu'elle puisse exercer son droit au travail et accepter l'offre d'emploi en contrat à durée déterminée.
Elle soutient que :
- le défaut de réponse constitue un manquement flagrant aux obligations de service public de la municipalité ;
- il est à craindre que cette attitude méconnaisse les principes fondamentaux de l'administration et porte atteinte à ses droits légitimes à bénéficier d'une solution de garde pour son enfant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Rollet-Perraud, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. D'une part, pour l'application des dispositions citées au point 1, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient ainsi au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des éléments fournis par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Dans ce cadre, l'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
3. Pour justifier de l'urgence à obtenir la suspension de l'exécution de la décision du maire de Houilles rejetant sa demande de place en crèche municipale à partir du mois de septembre 2024, Mme B soutient que cette décision conjuguée à l'impossibilité de trouver une solution de garde pour son enfant l'empêche de signer le contrat de travail à durée indéterminée qui lui est proposé et la maintient dans une situation de chômage. Toutefois, d'une part, elle ne démontre ni qu'elle aurait vainement cherché d'autres modes de garde pour son enfant, ni qu'ils ne lui seraient pas financièrement accessibles. D'autre part, il résulte de l'instruction que par une lettre du 21 mai 2024, le service de la petite enfance de la commune de Houilles lui avait indiqué qu'il n'était pas possible d'accueillir son enfant pour l'année 2023-2024 et que si elle maintenait sa demande de place pour l'année suivante, elle était invitée à l'en avertir avant le 28 juin 2024. Or, il ne résulte pas de l'instruction que Mme B aurait confirmé sa demande avant le 12 juillet 2024. Enfin, alors que Mme B a été informée, par un courriel du service de la petite enfance, du rejet de sa demande de place en crèche au plus tard le 15 juillet 2024, elle n'a saisi le juge des référés que le 29 août 2024. Ainsi, Mme B s'est elle-même placée dans une situation d'urgence. Dès lors, la condition d'urgence n'est pas satisfaite.
4. Par ailleurs, aucun des moyens soulevés, tels que visés plus haut, n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision dont la suspension est demandée.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de Mme B en toutes ses conclusions.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Fait à Versailles, le 2 septembre 2024.
La juge des référés,
signé
C. Rollet-Perraud
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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