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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2407506

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2407506

mercredi 18 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2407506
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Référé mesures utiles (article L. 521-3 du code de justice administrative). Le Tribunal administratif de Versailles constate que M. A, ressortissant béninois, n'a pas obtenu de réponse à sa demande de renouvellement de titre de séjour déposée en août 2023, et que sa dernière attestation de prolongation d'instruction a expiré le 24 juin 2024, entraînant la suspension de son contrat de travail. La condition d'urgence est remplie et la demande ne se heurte à aucune contestation sérieuse. Le tribunal enjoint à la préfète de l'Essonne de délivrer à M. A une attestation de prolongation d'instruction ou un récépissé dans un délai de quinze jours, sans astreinte.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 août 2024, M. B A, représenté par Me Gauthier, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de statuer sur sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande dans un délai de trois jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence tient au maintien de sa situation irrégulière et au risque d'interpellation et d'éloignement ; son contrat de travail a été suspendu par la société qui l'emploie jusqu'à la présentation d'un titre de séjour ou d'une attestation de prolongation d'instruction démontrant sa régularité sur le territoire français ;

- la mesure est utile ;

- sa demande ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

La requête a été communiquée à la préfète de l'Essonne qui n'a pas produit d'observations en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Marc, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant béninois né le 7 mars 1992, a obtenu le 14 novembre 2022 un titre de séjour mention " vie privée et familiale " valable jusqu'au 13 novembre 2023. Il a déposé une demande de renouvellement de ce titre de séjour le 26 août 2023. Il a été mis en possession d'attestations de prolongation d'instruction successives, la dernière expirant le 24 juin 2024. Il demande au juge des référés, en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de statuer sur sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction le temps de l'instruction de sa demande sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 523-1, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

4. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

5. En l'espèce, ainsi qu'il a été dit, M. A a obtenu le 14 novembre 2022 un titre de séjour mention " vie privée et familiale " valable jusqu'au 13 novembre 2023. Il a déposé une demande de renouvellement de ce titre de séjour le 26 août 2023. Il a été mis en possession d'attestations de prolongation d'instruction successives, la dernière expirant le 24 juin 2024. Il ressort en outre des différents courriels de l'intéressé adressés à l'administration, non contestés en défense, que cette demande est restée sans réponse, le requérant ayant tenté en vain d'obtenir des informations sur l'avancement de son dossier. Enfin, il résulte également de l'instruction qu'en raison du défaut de renouvellement de son titre de séjour, et à défaut de délivrance à l'intéressé de tout récépissé ou attestation de prolongation d'instruction de sa demande après le 24 juin 2024, le contrat de travail de M. A a été suspendu à compter du 10 juillet 2024. Dans ces conditions, la condition d'urgence posée par les dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative est remplie. Par ailleurs, il n'apparaît pas que cette demande se heurterait à une contestation sérieuse et qu'elle ferait obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

7. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de délivrer à M. A dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance une attestation de prolongation d'instruction ou un récépissé, sous réserve de la présentation d'un dossier complet, sans qu'il soit besoin, à ce stade, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que demande M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint à la préfète de l'Essonne de délivrer à M. A dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance une attestation de prolongation d'instruction ou un récépissé, sous réserve de la présentation d'un dossier complet.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à la préfète de l'Essonne et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Versailles, le 18 septembre 2024.

La juge des référés,

signé

E. Marc

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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