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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2407509

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2407509

mercredi 18 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2407509
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de Mme B. Celle-ci demandait d’enjoindre à l’OFII de lui délivrer une attestation de dépôt de sa demande de regroupement familial. Le juge estime que la requérante ne justifie pas de l’urgence requise, faute de produire la décision contestée et des éléments probants sur le caractère complet de son dossier. La demande est donc rejetée, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres conditions de la mesure sollicitée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 août 2024, Mme C B, représentée par Me Ndoye, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre au directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer une attestation de dépôt de sa demande de regroupement familial dans les 15 jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, " afin qu'elle dépose une demande de titre de séjour ", sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'urgence est caractérisée, dès lors qu'elle souhaite demander le regroupement de toute sa famille, que le meilleur moment est en début de scolarité afin de permettre une bonne intégration de son enfant en France, que le refus d'enregistrement de sa demande aura pour conséquence de faire courir un nouveau délai de recours de six mois, que depuis l'année 2022, elle tente sans succès de faire venir son enfant et que les refus d'enregistrer sa demande, en dépit d'un dossier complet, constitue à tout le moins des tracasseries administratives ;

- la mesure est utile et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.

La requête a été communiquée à l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) qui n'a pas produit d'observation en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Marc, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C B, ressortissante sénégalaise, née le 21 décembre 1982, expose avoir formé à plusieurs reprises une demande de regroupement familial au bénéfice de son enfant D A et avoir reçu une décision en date du 21 août 2024 par laquelle le directeur de l'OFII a classé sans suite sa demande. Elle demande, en conséquence, au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer une attestation de dépôt de sa demande de regroupement familial dans les 15 jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, " afin qu'elle dépose une demande de titre de séjour ", sous astreinte de 50 euros par jour de retard.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Outre que la requérante ne verse pas au dossier la décision qu'elle conteste ni davantage les preuves qu'elle aurait déposé un dossier complet de demande de regroupement familial, elle se borne à faire valoir que le meilleur moment pour former sa demande est en début de scolarité afin de permettre une bonne intégration de son enfant en France, que le refus d'enregistrement de sa demande aura pour conséquence de faire courir un nouveau délai de recours de six mois, que depuis l'année 2022, elle tente sans succès de faire venir son enfant et que les refus d'enregistrer sa demande, en dépit d'un dossier complet, constitue à tout le moins des tracasseries administratives. Par suite, compte-tenu de ces éléments et des pièces versées au dossier, la requérante ne justifie pas d'une situation d'urgence, telle qu'exigée par les dispositions précitées au point 2.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée en l'ensemble de ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er r : La requête présentée par Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Fait à Versailles, le 18 septembre 2024.

La juge des référés,

signé

E. Marc

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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