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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2407555

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2407555

lundi 16 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2407555
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, saisi sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, a modifié une précédente ordonnance du 5 août 2024 qui enjoignait à la préfète de l'Essonne de remettre une autorisation provisoire de séjour à M. B et de réexaminer sa situation. Constatant l'inexécution de cette injonction malgré plusieurs relances, le juge des référés a assorti la mesure d'une astreinte de 30 euros par jour de retard, à l'expiration d'un délai de quinze jours. La décision s'appuie sur les articles L. 521-1 et L. 521-4 du code de justice administrative, ainsi que sur l'article R. 421-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 septembre 2024, M. C A B, représenté par Me Pierrot, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :

1°) de modifier l'injonction prononcée par l'ordonnance n° 2406231 du 5 août 2024 et d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui remettre dans un délai de quatre jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que l'ordonnance n° 2406231 n'a fait l'objet d'aucune exécution malgré différentes relances adressées par son conseil.

La requête a été communiquée à la préfète de l'Essonne qui n'a pas produit d'observation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'ordonnance n° 2406231 du 5 août 2024 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Ouardes, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 septembre 2024 à 15h, en présence de Mme Paulin, greffière d'audience :

- le rapport de M. Ouardes,

- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L.521 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. "". Aux termes de l'article L. 521-4 du même code : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".

2. Il incombe dans tous les cas aux différentes autorités administratives de prendre, dans les domaines de leurs compétences respectives, les mesures qu'implique le respect des décisions juridictionnelles. Si l'exécution d'une ordonnance prise par le juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, peut être recherchée dans les conditions définies par le livre IX du même code, et en particulier les articles L. 911-4 et L. 911-5, la personne intéressée peut également demander au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du même code, d'assurer l'exécution des mesures ordonnées demeurées sans effet par de nouvelles injonctions et une astreinte.

3. Par une ordonnance n° 2406231 du 5 août 2024, le juge des référés a enjoint à la préfète de l'Essonne de remettre en mains propres à M. B, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance, l'autorisation provisoire de séjour visée à l'article R. 421-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois. Il ressort des pièces du dossier et n'est d'ailleurs pas contesté que, malgré plusieurs relances de son conseil, cette mesure ordonnée par le juge des référés n'a pas été exécutée. Par suite, il y a lieu de faire droit aux conclusions de M. B tendant à ce que soit modifiée la mesure prononcée à l'article 2 de l'ordonnance n° 2406231 du 5 août 2024 en assortissant l'injonction qui y est prononcée d'une astreinte de 30 euros par jour de retard à l'expiration d'un délai de 15 jours suivant la notification de la présente ordonnance.

Sur les frais liés au litige :

4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : L'injonction faite à la préfète de l'Essonne par l'ordonnance n° 2406231 du 5 août 2024 rendue par le juge des référés enjoignant à la préfète de l'Essonne de remettre en mains propres à M. B, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance, l'autorisation provisoire de séjour visée à l'article R. 421-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois, est assortie d'une astreinte de 30 (trente) euros par jour de retard à l'expiration d'un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 2 : L'Etat versera à M. B la somme de 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à la préfète de l'Essonne et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Versailles, le 16 septembre 2024,

Le juge des référés, La greffière,

signé signé

P. Ouardes S. Paulin

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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