mardi 8 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2407578 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 3 et 9 septembre 2024, M. B A demande au juge des référés d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui fixer un rendez-vous pour un titre de séjour mention " vie privée et familiale " et pour que lui soit délivré un récépissé.
Il soutient que :
- la condition de l'urgence est caractérisée dès lors qu'il est obligé de quitter le territoire français tous les trois mois du fait qu'il est détenteur d'un titre de séjour slovaque, ce qui a des conséquences sur sa vie familiale et professionnelle ;
- la demande est utile ;
- sa demande ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
La requête a été communique à la préfète de l'Essonne qui n'a produit aucune observation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Ouardes, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A qui est un ressortissant algérien né le 4 janvier 1988, a épousé une ressortissante slovaque et a obtenu un titre de séjour mention " Carte bleue européenne " délivré en Slovaquie. Il a déposé une demande de titre de séjour le 14 février 2024 à la préfecture de l'Essonne, sa demande étant restée sans réponse. A son arrivée en France avec sa famille,
M. A a obtenu une autorisation de travail à compter du 1 avril 2024 en qualité d'ingénieur. Il demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui délivrer un rendez-vous afin d'obtenir un titre de séjour et un récépissé.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 523-1, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
4. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
5. Lorsque le rendez-vous ne peut être obtenu qu'en se connectant au site internet de la préfecture, il résulte de ce qui a été dit au point 4 que, si l'étranger établit qu'il n'a pu obtenir une date de rendez-vous, malgré plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.
6. Il résulte de l'instruction que M. A a obtenu un titre de séjour mention " Carte bleue européenne " valable du 15 octobre 2019 au 14 octobre 2024, un visa long séjour mention " salarié " expirant le 1er décembre 2024 et une autorisation de travail en France. Il ressort en outre des différents courriels de l'intéressé adressés à l'administration, non contestés en défense, que cette demande est restée sans réponse, le requérant ayant tenté en vain d'obtenir des informations sur l'avancement de son dossier. Enfin, il résulte de l'instruction qu'en raison du défaut de titre de séjour et de la délivrance à l'intéressé de tout récépissé, la situation engendre pour le requérant des déplacements tous les trois mois en Slovaquie lui permettant pas d'être présent pour sa famille, alors que son épouse et l'un de ses fils sont en situation de handicap. Dans ces circonstances, la condition d'urgence posée part les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative est remplie. Par ailleurs, il n'apparait pas que cette demande se heurtait à une contestation sérieuse et qu'elle ferait obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
7. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de délivrer à M. A dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance un rendez-vous pour un titre de séjour mention " vie privée et familiale " ou un récépissé, sous réserve de la présentation d'un dossier complet.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à la préfète de l'Essonne de délivrer à M. A dans un délai de quinze jours à compter de la présente ordonnance un rendez-vous ou un récépissé, sous réserve de la présentation d'un dossier complet.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à la préfète de l'Essonne et au ministre de l'intérieur.
Fait à Versailles, le 8 octobre 2024,
Le juge des référés,
signé
P. Ouardes
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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