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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2407659

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2407659

mercredi 18 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2407659
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, était saisi d'une demande de suspension de la décision du maire de Houilles mettant fin au contrat d'accueil d'un enfant en crèche. En cours d'instance, la commune a informé les requérants que cette décision résultait d'une erreur administrative et que l'enfant pouvait réintégrer la crèche sans délai. Le juge a constaté que les conclusions aux fins de suspension et d'injonction étaient devenues sans objet et a prononcé un non-lieu à statuer. La commune a été condamnée à verser 1 000 euros aux requérants au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 septembre 2024, Mme A E et M. D B, représentés par Me Panarelli, demandent au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 1er août 2024 par laquelle le maire de la commune de Houilles a mis un terme à compter du 31 août 2024 au contrat d'accueil de leur enfant C au sein de la crèche " Les lutins " ;

2°) d'enjoindre à la commune de procéder à l'inscription de leur enfant à la crèche " Les lutins " dès la notification de l'ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune les dépens ainsi que la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'ils sont sans mode de garde pour leur enfant ; ils ont sollicité en vain l'ensemble des crèches privées de leur commune et ne peuvent envisager solliciter les services d'une assistante maternelle à la suite des difficultés rencontrées par le passé lors de l'accueil de leur fille aînée par une assistante maternelle dont l'agrément a été suspendu ;

- il existence un doute sérieux quant à la légalité de la décision dont la suspension est demandée :

* Elle est entachée d'incompétence ;

* Elle est entachée d'absence de motivation ;

* Elle est entachée d'un vice de procédure en raison de la méconnaissance de l'article 14 du règlement de la crèche qui impose une concertation entre la directrice de la crèche, la ville et les services de la protection maternelle et infantile ;

* Elle a été prise en méconnaissance des droits de la défense dès lors qu'ils n'ont pas été invités à présenter des observations ;

* Elle a été prise en méconnaissance du principe d'égalité et de non-discrimination ;

* Elle a été prise en méconnaissance de l'intérêt supérieur de l'enfant ;

* Elle a été prise dans le cadre du harcèlement et des discriminations qu'ils subissent de la part de la commune de Houilles ;

* Elle a été prise en méconnaissance de l'article 14 du règlement de fonctionnement des établissements d'accueil des jeunes enfants de la ville de Houilles.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 septembre 2024, la commune de Houilles conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction, au rejet des conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et, à titre subsidiaire, à ce que les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative soient ramenées à de plus justes proportions.

Elle fait valoir que le courrier de radiation avait été envoyé par erreur et que la décision du 16 septembre 2024 prononce la réintégration sans délai de l'enfant des requérants au sein de la crèche " Les lutins ".

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée sous le n°2407188 par laquelle les requérants demandent l'annulation de la décision attaquée.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Sauvageot, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 17 septembre 2024 à 10 heures, en présence de Mme Paulin, greffière d'audience, Mme Sauvageot a lu son rapport et entendu :

- Me Panarelli, représentant Mme E et M. B, présents, qui prend acte du courrier du 16 septembre 2024 mais maintient toutes ses demandes eu égard à l'absence de certitude quant à la réintégration effective de l'enfant ;

- la commune de Houilles, ni présente ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique, à 10h16.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

2. Mme E et M. B demandent au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 1er août 2024 par laquelle le maire de la commune de Houilles a mis un terme à compter du 31 août 2024 au contrat d'accueil de leur enfant C au sein de la crèche " Les lutins ".

3. Il résulte de l'instruction que, postérieurement à la date d'enregistrement de la requête, le directeur des Solidarités, Petite enfance, CCAS, Logement et Hygiène de la commune de Houilles a, par un courrier recommandé daté du 16 septembre 2024, informé les requérants que la fin du contrat d'accueil de leur enfant au sein de la crèche " Les lutins " résultait d'une erreur administrative et que leur enfant C pouvait réintégrer sa crèche sans délai. Dans ces conditions, les conclusions des requérants aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte sont devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.

4. Enfin, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Houilles la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte de la requête de Mme A E et de M. D B.

Article 2 : La commune de Houilles versera aux requérants la somme de 1 000 (mille) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A E, à M. D B et à la commune de Houilles.

Fait à Versailles, le 18 septembre 2024.

La juge des référés,

signé

J. Sauvageot

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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